Violences dans les stades : y a-t-il 500 interdits de stade en France contre 6000 en Allemagne et 10000 en Angleterre ?

Suite à la multiplication des incidents dans les stades, Frédéric Thiriez a plaidé ce vendredi matin sur franceinfo pour une multiplication des interdictions de stades pour les supporters impliqués dans des violences. Mais l'ancien président de la Ligue de football professionnel exagère largement l'application de cette mesure chez nos voisins.

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Radio France
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La tribune des supporters d'Angers lors du match contre l'OM, à Angers (Maine-et-Loire) le 22 septembre 2021 (JEREMIAS GONZALEZ / MAXPPP)

"C'est l'axe principal de la prévention et c'est très efficace". Après la série de violences depuis le début du championnat de Ligue 1, l'ancien président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez a appelé sur franceinfo ce vendredi matin à multiplier les interdictions de stades pour les supporters auteurs d'actes de violences lors des matchs. La France aurait d'ailleurs pris beaucoup de retard sur ses voisins. 

"Je vais vous donner un chiffre : en France, nous avons 500 interdits de stade, en gros. En Allemagne, ils sont 3 000. Et en Angleterre, tenez-vous bien : 10 000 !"

Frédéric Thiriez

à franceinfo

Entre 300 et 350 interdits de stades en France

Il existe deux types d'interdictions de stade pour les supporters : la décision administrative et la décision judiciaire. La première est prise par le préfet en raison du "comportement d'ensemble à l'occasion de matchs", d'actes de violences ou d'appartenance à un groupe de supporters dissous ou suspendu. C'est la décision la plus courante en France. Le bannissement dure alors deux ans maximum et jusqu'à trois ans en cas de récidive. En ce qui concerne la décision judiciaire, elle vise plus particulièrement les délits comme la violence, l'ivresse dans les stades, l'incitation à la haine ou encore l'utilisation de fumigènes. L'interdiction de stade dure alors cinq ans maximum. 

Au total, depuis 2016, il y a chaque année entre 300 et 350 personnes qui n'ont pas le droit d'assister à des matchs en tribune, d'après un rapport parlementaire publié l'an dernier. Ce nombre a largement baissé depuis. Ces interdictions impliquent de se rendre dans un commissariat ou une gendarmerie proche de son domicile pour signaler sa présence au moment où se jouent les rencontres. L'identité des personnes concernées sont également conservées pendant plusieurs années dans le Fichier national des interdits de stade.

Frédéric Thiriez exagère donc légèrement en évoquant 500 interdits de stade. D'autant que ce début de saison est assez exceptionnel en raison de la pause liée au Covid-19. "Nous en sommes aujourd'hui à 54 interdits de stade sur l'ensemble du territoire, ce qui est très faible, puisque beaucoup d'interdictions sont arrivées à échéance durant la crise sanitaire", explique à l'AFP Thibaut Delaunay, responsable de la Division nationale de la lutte contre le hooliganisme.

1 600 interdits de stade en Angleterre et 1 300 décisions en Allemagne

Même si l'on exclut la parenthèse de la crise sanitaire, le nombre de supporters interdits de stade en Angleterre et en Allemagne est largement surestimé par Frédéric Thiriez. 

Avant la crise sanitaire, il y avait en Angleterre et aux Pays de Galles un peu plus de 1 600 décisions d'interdictions de stade (lien en anglais). Outre-Manche, la mesure dure trois ans minimum et jusqu'à dix ans pour les cas de violence les plus graves. Comme en France, ce genre de décision est en baisse constante en Angleterre, deux fois moins en l'espace de dix ans.

Sur l'Allemagne, un peu plus de 1 300 interdictions avaient été prises sur la saison 2019/2020 (lien en allemand), avant la crise du Covid. C'est le club ou la fédération profesionnelle qui les décident, en fonction du lieu où ont été commis les faits. La décision peut être locale ou nationale et varie entre une semaine et jusqu'à cinq ans pour les faits les plus graves.

Beaucoup plus de monde dans les stades allemands et anglais

Les interdictions de stade sont donc malgré tout plus nombreuses en Allemagne et en Angleterre. Mais ce constat est également à relativiser. Notamment parce que l'affluence dans les stades n'est pas la même. Selon l'Observatoire du football CIES, les matchs de la Bundeliga allemande ont accueilli en moyenne un peu plus de 43300 spectateurs entre 2013 et 2018 contre 36675 en Premiere League anglaise et 21556 en France pour la Ligue 1.

Et cette forte affluence en Allemagne et en Angleterre est également valable pour les divisions inférieures (18800 spectateurs en moyenne pour la deuxième division allemande contre une moyenne de 7000 en France). 

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