Vidéo Violences dans les stades de football : l'ex-président de la Ligue, Frédéric Thiriez, prône les "interdictions de stade" pour les supporters

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De nouvelles violences ont eu lieu mercredi soir en marge du match de Ligue 1 de football entre Angers et l'OM.

Frédéric Thiriez, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation et ancien président de la Ligue de football professionnel (LFP) pendant 14 ans, prône vendredi 24 septembre sur franceinfo des "interdictions de stade" pour les supporters de football impliqués dans des violences. "C'est l'axe principal de la prévention et c'est très efficace", dit-il. Le football français doit faire face actuellement à une série de débordements et de violences lors des matchs de Ligue 1.

franceinfo : On a l'impression que les sanctions ont peu d'effets. Que faire ?

Frédéric Thiriez : Le problème, c'est qu'il ne faut pas prendre les choses à l'envers. Quand un dossier arrive devant la commission de discipline, c'est déjà trop tard. Le mal est fait. Des millions de gens ont vu des images qui sont ravageuses à la télévision avec un effet que vous imaginez sur tous les gamins qui nous regardent et sur l'image du football en général. La répression, c'est nécessaire, mais ce n'est pas là où ça se passe. C'est la prévention, c'est ce qu'on fait en amont. Il ne faut jamais que ces incidents-là se produisent. Une fois que c'est fait, c'est trop tard.

Que doit-on faire en amont ?

Il y a deux conditions pour que cela marche en amont. Un : une volonté. Deux : une continuité. La volonté, j'insiste là-dessus. La Ligue n'est pas qu'un vendeur de "droits télé", c'est un organisateur de spectacles avec toutes les responsabilités qui en découle vis-à-vis du public, sa sécurité vis-à-vis de l'opinion publique. Et pour la continuité : ne jamais baisser la garde. Il s'agissait de matchs évidemment à risques. Cela se prépare avec plusieurs réunions sur place, avec la préfecture, le président du club, le directeur de sécurité du club, les arbitres et les associations de supporters, il ne faut pas les oublier.

Faut-il interdire de stade les fauteurs de trouble ?

Les interdictions de stade sont un dispositif que j'ai obtenu lorsque j'étais président de la LFP. En France, nous avons 500 interdits de stade. En Allemagne, ils sont 3 000. En Angleterre, 10 000. C'est l'axe principal de la prévention. C'est très efficace, et puis cela permet de mettre à l'écart les individus qu'on connaît. On les connaît par la vidéosurveillance. Il faut quand même rappeler que tous nos stades sont équipés de caméras de vidéosurveillance, que les policiers dans le PC de sécurité avec le directeur de la sécurité du club peuvent parfaitement identifier les fauteurs de trouble.

Vous avez vécu un drame en tant que président de la Ligue : la mort d'un supporter parisien en 2010 dans une bagarre entre rivaux des tribunes Auteuil et Boulogne. Cela vous a-t-il marqué ?

C'est un souvenir qui, malheureusement, me hante encore. Pendant 14 ans, quand j'étais président de la Ligue, tous les samedis soirs, j'étais à côté de mon téléphone, prêt à être en ligne directement avec les délégués de la ligue sur les matches. Ils sont un peu les préfets de la République pour la Ligue. Ma hantise était qu'on ait un mort sur un terrain. Cela s'est produit en dehors du stade, à Paris. Tout le monde s'en souvient. C'est à ce moment-là qu'avec Robin Leproux, président du PSG à l'époque, nous avons réussi à éradiquer la violence. On ne pouvait plus aller au Parc des Princes en famille.

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