La mémoire des crimes nazis "inséparable" de l'identité allemande, déclare Angela Merkel à Auschwitz

La chancelière allemande se rendait vendredi pour la première fois dans le camp d'extermination situé en Pologne.

La chancelière allemande Angela Merkel, le 6 décembre 2019 à Oswiecim (Pologne).
La chancelière allemande Angela Merkel, le 6 décembre 2019 à Oswiecim (Pologne). (JOHN MACDOUGALL / AFP)

La mémoire des crimes nazis est "inséparable" de l'identité allemande, a déclaré vendredi 6 décembre la chancelière Angela Merkel, dans l'ancien camp nazi d'Auschwitz, en Pologne. Sa première visite de ce site, symbole de l'Holocauste, intervient au moment où le parti d'extrême droite AfD, qui siège depuis deux ans au Bundestag, prône la fin de la culture du repentir. "Se souvenir des crimes, nommer leurs auteurs et rendre aux victimes un hommage digne, c'est une responsabilité qui ne s'arrête jamais. Ce n'est pas négociable. Et c'est inséparable de notre pays. Etre conscient de cette responsabilité est une part de notre identité nationale", a martelé la dirigeante, première chef d'un gouvernement allemand à se rendre à Auschwitz depuis 1995.

La voix altérée, elle a insisté sur le fait qu'il était "important" de rendre à Auschwitz son "nom complet". Situé dans l'actuelle Pologne, le camp était dans une région "annexée en octobre 1939 par le Reich" et il fut "administré par les Allemands". "Il est important de nommer clairement les criminels. Nous, les Allemands, le devons aux victimes et à nous-mêmes", a-t-elle déclaré. Dans son discours, elle a mis en garde contre "la montée du racisme et la propagation de la haine", ainsi que contre l'antisémitisme qui menace les communautés juives en Allemagne, en Europe et dans le monde entier. En Allemagne, les autorités s'inquiètent d'une hausse très nette des actes antisémites.

Un don de 60 millions d'euros

La chancelière est accompagnée, lors de ce déplacement, par le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, et par un survivant d'Auschwitz, Bogdan Bartnikowski, 87 ans, ainsi que des représentants de la communauté juive. Intervenant avant Mme Merkel, Bogdan Bartnikowski a livré un témoignage émouvant. Déporté à l'âge de 12 ans avec sa mère, il s'est senti humilié lorsqu'il a été forcé à se dénuder au milieu d'une foule de femmes, nues elles aussi. Il se rappelle avoir demandé aux prisonniers d'Auschwitz quand ils seraient libérés. Et il a retenu la réponse des kapos, les prisonniers promus gardiens auxiliaires : "Il n'y a ici qu'un chemin vers la liberté, celui qui passe par les cheminées" des fours crématoires.

A la veille de ce déplacement, Angela Merkel a annoncé l'octroi de 60 millions d'euros à la Fondation Auschwitz-Birkenau pour le maintien du site où furent assassinées quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, entre 1940 et 1945.