Après son empoisonnement, l'opposant politique russe Alexeï Navalny est sorti de l'hôpital en Allemagne où il était soigné

Empoisonné, selon les autorités allemandes, par un agent neurotoxique de la famille du Novitchok, Alexeï Navalny a quitté mercredi l'hôpital de la Charité à Berlin. Ce dernier estime qu'une guérison totale est possible.

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Après sa sortie de l'hôpital, Alexei Navalny a posté un long message sur Instagram dans lequel il revient sur sa convalescence, mercredi 23 septembre 2020. (INSTAGRAM NAVALNY / AFP)

Alexeï Navalny, l'opposant russe empoisonné le 20 août dans une ville de Sibérie, est sorti de l'hôpital allemand où il était soigné pour un empoisonnement à un neurotoxique de la famille du Novitchok. "L'état de santé du patient s'est amélioré à tel point que le traitement médical a pu être interrompu" et "les médecins considèrent qu'un rétablissement complet est possible", a précisé l'hôpital de la Charité de Berlin dans un communiqué publié mercredi 23 septembre. L'équipe médicale ajoute toutefois que les éventuelles conséquences à long terme ne peuvent pas encore être évaluées.

Alexeï Navalny a lui-même posté un long message sur Instagram, dans lequel il donne des nouvelles de sa convalescence. "Je me balade dans le parc avec des pantalons trop grands de trois tailles", explique-t-il, ajoutant qu'il ne parvient toujours pas à réaliser certains gestes, comme lancer un ballon de la main gauche. L'opposant russe a par ailleurs remercié l'équipe médicale de l'hôpital La Charité de Berlin "pour son travail incroyable".

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"J'aimerais savoir si l'hôpital peut m'obtenir une ordonnance [pour jouer à la] Playstation 5", plaisante-t-il, après avoir raconté son entretien avec un neuropsychologue lui recommandant d'écrire sur les réseaux sociaux et de jouer aux jeux vidéo. Ces derniers jours, Alexeï Navalny avait posté plusieurs photos de lui, où il apparaissait amaigri et les yeux cernés.

Poutine lui souhaite "un prompt rétablissement"

Plusieurs laboratoires spécialisés allemand, français et suédois ont déterminé qu'il avait bel et bien été victime d'un empoisonnement à un agent neurotoxique de type Novitchok, ce que Moscou conteste. Selon les soutiens d'Alexeï Navalny, des traces de Novitchok ont notamment été retrouvées sur une bouteille d'eau ramassée dans sa chambre d'hôtel en Sibérie. Victime d'un malaise au cours d'un vol en Russie le 20 août, Alexeï Navalny a d'abord été admis dans un établissement sibérien avant d'être transféré en Allemagne.

De son côté, le Kremlin a affirmé qu'Alexeï Navalny était "libre" de revenir en Russie s'il le souhaitait. "En ce qui concerne son retour à Moscou, il est libre, comme tout citoyen russe, de le faire à n'importe quel moment", a déclaré son porte-parole. "Dans tous les cas, c'est très bien si le patient est effectivement en voie de guérison", a ajouté Dmitri Peskov, sans jamais prononcer le nom de l'opposant, tout comme Vladimir Poutine, qui a souhaité à Alexeï Navalny "un prompt rétablissement".

Un retour semble toutefois à ce stade prématuré. "Alexeï Navalny va rester pour le moment en Allemagne, son traitement n'est pas terminé", a annoncé sur Twitter sa porte-parole, Kira Iarmych. Interrogée à la mi-septembre sur les intentions d'Alexeï Navalny, elle avait répondu qu'"il n'avait jamais été question d'autre chose" que d'un retour en Russie après son rétablissement.

Le porte-parole du Kremlin a également commenté un article du journal Le Monde affirmant que Vladimir Poutine aurait décrit l'opposant avec mépris lors d'un entretien avec Emmanuel Macron, affirmant notamment qu'il avait déjà simulé des malaises par le passé et commis des actes illégaux. Il y a "beaucoup d'inexactitudes dans cette formulation" des propos de Vladimir Poutine, a commenté Dmitri Peskov. "Nous ne pouvons pas croire que l'Elysée ait divulgué délibérément l'enregistrement de la conversation entre les deux présidents à la presse. La France ne peut pas faire ça, nous ne voulons même pas y croire."

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