Allemagne : l'infirmière soupçonnée d'avoir empoisonné cinq bébés dans une maternité remise en liberté avec des excuses de la justice

Fin décembre, cinq bébés prématurés ont failli mourir dans une clinique allemande, après avoir été empoisonnés avec de la morphine. Une infirmière avait été interpellée, avant d'être libérée.

L\'entrée de l\'hôpital d\'Ulm (Allemagne), le 29 janvier 2020. 
L'entrée de l'hôpital d'Ulm (Allemagne), le 29 janvier 2020.  (RALF ZWIEBLER / DPA)

Le mystère s'épaissit en Allemagne autour d'une tentative d'empoisonnement à la morphine de cinq nouveaux-nés, à la maternité d'Ulm (Bade-Wurtemberg). L'unique suspecte, infirmière dans l'établissement, a été remise en liberté, mardi 4 février. L'incertitude est totale sur le ou la coupable et ses motivations.

L'affaire semblait pourtant entendue, la semaine précédente, lorsque le parquet a annoncé le placement en détention provisoire d'une infirmière de l'établissement pour tentative présumée d'homicide sur les enfants. Une seringue contenant du lait maternel et, selon la police, de la morphine, avait été découverte dans son casier à l'hôpital. Mais des analyses complémentaires de la police scientifique ont montré l'absence de morphine dans la seringue.

Un cafouillage au laboratoire de la police

La justice a présenté des excuses à l'infirmière trop vite incarcérée, mardi. "Je suis désolé pour la personne en question", a affirmé lors d'une conférence de presse le procureur d'Ulm qui supervise l'enquête. Christof Lehr a exprimé "ses regrets".

Ce mea-culpa est un camouflet pour la police et la justice allemandes qui, en s'appuyant sur des analyses de laboratoires peu fiables, ont prématurément présenté à l'opinion une coupable présumée. "Avec le recul, ce fut une erreur", a confessé le chef de la police locale, Ralf Michelfelder. Pire : le laboratoire qui avait effectué la première analyse a découvert que son propre solvant, utilisé dans les tests, était responsable du cafouillage. Il avait été contaminé par une infime quantité de morphine.

"Aucune piste n'est exclue"

L'infirmière finalement libérée, et qui clame son innocence depuis le début, n'est toutefois pas encore tirée d'affaire. Elle continue de faire partie des personnes suspectées, comme cinq de ses collègues qui travaillaient de nuit à la maternité lorsque la tentative d'empoisonnement a eu lieu. "Jusqu'à présent, ces six personnes ont fait l'objet d'un début de soupçon en raison de leur proximité avec les nourrissons au moment des faits", a affirmé à l'AFP le porte-parole du parquet d'Ulm, Michael Bischofberger.

La justice continue notamment de s'interroger sur la présence encore inexpliquée de la seringue de lait maternel dans le casier de l'infirmière. "C'est étrange", a indiqué Michael Bischofberger, car le lait maternel non conservé au frais finit par tourner. Cependant, il a précisé que l'enquête était menée dans "toutes les directions" et qu'"aucune piste n'est exclue".