Etats-Unis : après la mort de cinq policiers, Black Lives Matter sur la sellette

Certains les comparent aux militants pour les droits civiques des années 60, d’autres, à des criminels. Après la mort de deux Noirs tués par des policiers la semaine dernière, les militants du mouvement Black Lives Matter - “La vie des Noirs comptent” - font à nouveau la Une de l’actualité aux États-Unis. Mais après la mort de cinq policiers, leurs actions sont contestées.

(Manifestation à Tampa contre les violences policières lundi après la mort la semaine dernière de Philando Castile, 32 ans, et d'Alton Sterling © Loren Elliott/AP/SIPA)

On peut avoir de la compassion pour les policiers tués à Dallas et réclamer dans le même temps que la police et la justice traitent les Noirs avec dignité. Voilà le message que les militants de Black Lives Matter tentent de faire passer depuis vendredi alors que nombreux responsables les accusent de contribuer au climat de violence avec leur rhétorique anti-police. Sur les plateaux-télé, l’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, ne mâche pas ses mots :

"Quand vous dites 'la vie des Noirs compte', c’est par nature raciste. La vie des Noirs compte, la vie des Blancs compte, la vie des Asiatiques et des Hispaniques comptent... C’est anti-américain et c’est raciste"

Black Lives Matter aura trois ans mercredi. Ce mouvement qui se veut spontané et sans leader, est né sur Twitter après l’acquittement de George Zimmerman, le meurtrier du jeune Trayvon Martin. La vie des Noirs compte. La formule est devenue un slogan, puis un mouvement que Barack Obama n’hésite pas à comparer aux autres mouvements pour les droits civiques :

"Il y a eu des moments où les activistes ont pu aller trop loin dans leur rhétorique, la rendant contre-productive, mais l’idée était de soulever des problèmes pour que la société s’en empare. Ce qu’on voit aujourd’hui fait partie de cette longue tradition"

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A la différence des précédents mouvements, Black Lives Matter possède une arme puissante :