Espionnage d'internet: Washington demande à Moscou d'extrader Snowden

L'homme qui a révélé le système de surveillance des communications américain a par ailleurs demandé l'asile à l'Equateur.

Lors d\'une manifestation de soutien à Edward Snowden, le 15 juin 2013, devant le consulat américain à Hong Kong.
Lors d'une manifestation de soutien à Edward Snowden, le 15 juin 2013, devant le consulat américain à Hong Kong. (EYEPRESS NEWS / AFP)

Les Etats-Unis et Edward Snowden jouent au chat et à la souris. Tôt lundi 24 juin, Washington a réclamé à la Russie sa coopération pour que soit renvoyé sur son sol l'auteur des révélations fracassantes sur le système mis au point par les Américains pour surveiller les communications.

La veille, le jeune homme avait quitté Hong Kong, où il s'était réfugié depuis le début de l'affaire, pour Moscou. C'est depuis cette ville qu'il a demandé l'asile politique à l'Equateur. Francetv info fait le point sur son périple.

Où va-t-il se réfugier ?

Moscou ne devrait être qu'une simple étape pour l'ex-consultant informatique. Annoncé un temps au Venezuela, c'est donc finalement en Equateur que l'Américain souhaite se réfugier. Lundi 24 juin au matin, Quito a annoncé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, avoir reçu la demande d'asile déposée par Snowden.

"Nous l'analysons avec un grand sens des responsabilités, a déclaré Ricardo Patino aux journalistes. Il en va de la liberté d'expression et de la sécurité des citoyens dans le monde. Il en va aussi de la confidentialité des communications."

Qui l'accompagne dans sa fuite ?

L'association WikiLeaks, fondée par l'Australien Julian Assange, réfugié dans l'ambassade d'Equateur, à Londres, a révélé sur Twitter qu'elle aidait Snowden à trouver "asile dans un pays démocratique", et à organiser son exfiltration de Hong Kong. 

Dans un communiqué publié vers 14 heures dimanche, le site précise que Snowden est "escorté par des diplomates et des conseillers juridiques de WikiLeaks". "Monsieur Snowden a demandé à WikiLeaks d'utiliser son expertise juridique et son expérience pour assurer sa sécurité", poursuit le texte.

Un peu plus tard, dans la soirée, WikiLeaks a publié un nouveau communiqué (en anglais), indiquant qu'Edward Snowden était "en route pour la République d'Equateur". 

Comment ont réagi les Etats-Unis ? 

Pas franchement bien. Vendredi, Edward Snowden avait été inculpé par la justice américaine, qui avait demandé à Hong Kong de l'interpeller. Les autorités hongkongaises ont expliqué dimanche que le jeune homme de 29 ans avait quitté "volontairement le territoire pour un pays tiers de façon légale et normale". Elles ont ajouté qu'elles n'avaient "pas obtenu d'informations pertinentes" justifiant l'arrestation, au grand dam de Washington.

Les élus américains protestent également contre l'accueil réservé à Snowden par Moscou. "Poutine semble toujours content de provoquer les Etats-Unis, que ce soit sur la Syrie, l'Iran et maintenant bien sûr sur Snowden. Ce n'est pas comme cela que des alliés doivent se traiter les uns les autres, et je pense que cela aura des conséquences graves sur les relations entre les Etats-Unis et la Russie", a ainsi tonné le sénateur démocrate Chuck Schumer sur CNN. 

Lundi matin, Washington a appelé Moscou à renvoyer le lanceur d'alerte, dont le passeport a été révoqué, aux Etats-Unis en vue d'un procès. "Compte tenu de (...) notre histoire avec la Russie sur le renforcement des lois sur ces questions de sécurité, (...) nous espérons que le gouvernement russe va étudier toutes les options possibles pour expulser M. Snowden vers les Etats Unis pour répondre devant la justice des charges qui pèsent contre lui", a ainsi déclaré le porte-parole de la Sécurité nationale.