"Ils n'ont pas désobéi, ils ont respecté les gens" : les Catalans défendent le chef de la police, poursuivi pour sédition

Quatre personnes ont été entendues vendredi par la justice espagnole, à Madrid. Ils sont inculpés pour sédition. Parmi eux, le très populaire chef des Mossos d'Esquadra.

Le chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero, lors de sa sortie du tribunal de Madrid, vendredi 6 octobre.
Le chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero, lors de sa sortie du tribunal de Madrid, vendredi 6 octobre. (JAVIER SORIANO / AFP)
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Farida NouarMathieu de TaillacRadio France

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Le chef de la police catalane et les dirigeants des mouvement séparatistes catalans ont été entendus vendredi 6 octobre par la justice espagnole, à Madrid. A l'issue de leur audition, ils ont été laissés en liberté. Le parquet les accuse de sédition, c'est-à-dire de désobéissance. Il s'agit du chef des Mossos d'Esquadra, la police catalane, Josep Lluís Trapero, son adjointe Teresa Laplana, et deux dirigeants séparatistes, Jordi Sanchez, et Jordi Cuixart. 

L'enquête porte sur les manifestations qui ont suivi l'arrestation de plusieurs dirigeants indépendantistes, les 20 et 21 septembre à Barcelone. La justice reproche aux quatre inculpés d'avoir laissé faire des manifestants qui avaient bloqué des gardes civils dans leur bâtiment pendant des heures et avaient endommagé leurs véhicules.

Les Catalans unis derrière les Mossos d'Esquadra

Les Espagnols sont divisés quant à ces poursuites judiciaires. Mais à Barcelone, les habitants soutiennent largement les quatre mis en cause. Difficile de trouver quelqu'un qui dirait du mal des Mossos d'Esquadra et de leur chef, Josep Lluís Trapero. La comparution de Trapero est inadmissible pour Carla : "Ça me paraît injuste. Ils ont pris quelqu'un parmi eux, Trapero, et après, s'ils peuvent, ils vont en arrêter d'autres, pour ne pas arrêter le président, Carles Puigdemont." D'après Carla, les membres de la police catalane n'ont pas fait preuve de sédition. "Ils n'ont pas désobéi. Au contraire, ils ont respecté les gens".

Au-delà des manifestations des 20 et 21 septembre, les Catalans saluent aussi l'attitude qu'ont eu les Mossos d'Esquadra le jour du référendum. Certains ont protégé les urnes, même si c'était illégal. C'était complètement normale selon Irène.

Ils ont décidé que la paix et la protection du peuple était plus importante que de confisquer le matériel électoral et ils ont maintenu la relation de confiance avec la communauté.

Irène, citoyenne catalane

à franceinfo

Les Mossos sont très respectés en Catalogne. Il n'est pas rare de voir des habitants mettre des oeillets, le symbole de l'indépendance, sur leur voiture, en signe de respect. "Ils ont eu une bonne attitude. La police est censée servir le peuple. Éthiquement, ils ont fait ce qu'ils devaient faire", estime un jeune buraliste, pour qui les membres de la police catalane ne doivent pas être sanctionnés. "Ils ne devaient pas respecter les ordre du gouvernement espagnol. La police est là pour veiller à la sécurité du peuple." 

Pas de poursuites judiciaires pour l'instant

A la sortir de l'audience, vers 11h30, le chef des Mossos, Josep Lluís Trapero, a été encouragé par des indépendantistes venus le voir à Madrid et traité de traître par des citoyens hostiles. Pendant une heure, il a répondu aux questions de la juge, lord d'une session à huis clos. Aucune poursuite n'a été engagée à ce stade contre les quatre mis en cause, à l'issue de l'audience. Ils sont ressortis libres.

La juge doit maintenant décider de continuer ou non les poursuites. Elle se réserve le droit de convoquer à nouveau les quatre personnes mises en causes en fonction notamment d’un nouveau rapport que prépart le parquet. Le chef de la police catalane, Josep Lluís Trapero, risque une peine de 15 ans de prison .