"Il y a une pression psychologique" : les opposants à l'indépendance témoignent avant le référendum en Catalogne

À l'approche du référendum sur l'indépendance de la Catalogne, qui doit se dérouler dimanche, les Catalans qui veulent rester dans le giron de l'Espagne se disent victimes de pressions quotidiennes.

En Catalogne, les opposants à l\'indépendance disent subir des pressions de la part de ceux qui sont pour l\'indépendance de cette région espagnole. Ici, lors d\'une manifestation contre le référendum d\'auto-détermination, le 27 septembre à Barcelone.
En Catalogne, les opposants à l'indépendance disent subir des pressions de la part de ceux qui sont pour l'indépendance de cette région espagnole. Ici, lors d'une manifestation contre le référendum d'auto-détermination, le 27 septembre à Barcelone. (JOSEP LAGO / AFP)

La tension monte en Espagne, à l'approche du référendum d'auto-détermination de la Catalogne, qui est prévu dimanche 1er octobre. Ce scrutin, déclaré illégal par la Cour constitutionnelle d'Espagne, doit décider de l'avenir de cette région espagnole. Madrid fait tout pour l'empêcher : arrestations de hauts-fonctionnaires catalans, saisie de matériel de vote et, mardi soir, décision de mettre sous scellés avant samedi les lieux devant servir de bureau de vote. Alors que les indépendantistes dénoncent une répression opérée par le gouvernement espagnol, les opposants à l'indépendance de cette partie du nord de l'Espagne, eux, se disent victimes de pressions quotidiennes.

Une position difficile à assumer

Francisco Diaz est un opposant de toujours à l'indépendance de la Catalogne. Ce membre du Partido popular était candidat aux dernières municipales de Puigcerdà. Dans ce fief indépendantiste, situé à la frontière franco-espagnole, son attachement à l'Espagne est parfois difficile à vivre. "Ce n'est vraiment pas facile ici de se sentir pro-espagnol et de défendre les thèses de Madrid, surtout en ce moment", témoigne-t-il.

Il y a une pression psychologique de la société.Francisco Diaz, membre du Partido popularà franceinfo

D'après lui, il faut "avoir du caractère et de la personnalité" si on veut assumer les positions de Madrid. "Moi, je tiens. Je peux vous dire qu'il y aura un scrutin dimanche, mais ça sera contraire à la loi et le résultat ne sera pas fiable."

Peu de place dans les médias catalans

Le sentiment est le même pour Teresa Freixes, une enseignante de l'université autonome de Barcelone. Elle milite contre le référendum et dénonce l'attitude des médias catalans. "Nous avons très peu d'opportunités pour être présents dans les médias catalans parce qu'ils sont très contrôlés par le parti politique indépendantiste. J'ai été invitée quelque fois à la télévision catalane et, à chaque fois, j'avais plusieurs personnes contre moi."

Quant aux maires de Catalogne qui ont refusé de mettre à la disposition des indépendantistes des salles pour le référendum d'auto-détermination, ils sont plusieurs à se dire victimes de menaces et d'insultes, comme dans la ville de Lérida par exemple.