Catalogne : plus de 300 000 personnes défilent à Barcelone contre la détention d'indépendantistes

Ces personnes ont manifesté leur soutien aux neuf figures de l'indépendantisme catalan, accusées de "rébellion" et en détention provisoire. 

Des manifestants dénoncent l\'incarcération de leaders indépendantistes catalans, le 15 avril 2018 à Barcelone (Espagne). 
Des manifestants dénoncent l'incarcération de leaders indépendantistes catalans, le 15 avril 2018 à Barcelone (Espagne).  (ANGEL GARCIA / CROWDSPARK / AFP)

Ils étaient 315 000 à fouler les pavés de Barcelone (Espagne), dimanche 15 avril, selon la police municipale. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont protesté en plein cœur de la capitale catalane contre la détention provisoire de neuf leaders indépendantistes de leur région. 

Au cri de "liberté pour les prisonniers politiques", ces manifestants ont empli la grande avenue Parallel de Barcelone, six mois après les premières incarcérations de leaders indépendantistes catalans. "Nous voulons que vous rentriez à la maison", ont-ils scandé. 

"Nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer la judiciarisation de la politique (...) et à dire qu'il faut donner une solution démocratique à ce conflit", ont clamé sur scène des acteurs catalans, chargés de lire le manifeste des organisateurs. L'appel à manifester a été lancé par une plateforme d'associations et de syndicats, créée en mars pour "défendre les institutions catalanes" et les "droits et libertés fondamentales".

Des indépendantistes incarcérés depuis le 16 octobre

Neuf dirigeants indépendantistes catalans sont actuellement incarcérés dans la région de Madrid (Espagne). Ils sont poursuivis pour "sédition", "détournements de fonds" ou pour le délit controversé de "rébellion", passible d'un maximum de 30 ans de prison. 

Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, deux anciens présidents d'associations indépendantistes, sont en détention provisoire depuis le 16 octobre. Incarcérés avant la vaine proclamation d'une "République catalane", le 27 octobre, ils sont considérés comme des membres du noyau dur ayant piloté la marche frustrée vers l'indépendance.

"Puigdemont, président"

Des manifestants ont également scandé "Puigdemont, président", dix jours après la remise en liberté de l'ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, en Allemagne. Le tribunal avait considéré que les charges pour "rébellion" n'étaient pas étayées pour son éventuelle extradition vers l'Espagne. 

Cependant, des magistrats espagnols ont transmis jeudi des éléments à leurs homologues allemands, afin d'accréditer l'existence "de violences justifiant la rébellion". Ils espèrent ainsi obtenir la remise de Carles Puigdemont à l'Espagne pour cette accusation. L'ex-président catalan est également accusé de détournement de fonds public. 

Il reste cinq semaines aux indépendantistes pour investir un candidat à la présidence catalane, faute de quoi de nouvelles élections régionales seront organisées en juillet.