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Madrid : premier face à face au procès des "bébés volés" du franquisme

Des décennies après les premières révélations sur le scandale, le premier procès des "bébés volés" du franquisme s'est ouvert mardi 26 juin 2018 à Madrid.

Article rédigé par Mathieu de Taillac
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min
Pancarte avec le slogan "Droits humains pour les bébés volés" lors d'une manifestation à l'ouverture du procès du docteur Eduardo Vela à Madrid, le 26 juin 2018. (OSCAR DEL POZO / AFP)

Le premier procès des "bébés volés" du franquisme s'est ouvert mardi 26 juin 2018 à Madrid, des décennies après les premières révélations sur ce scandale. Des milliers de nouveau-nés auraient été soustraits à leur mère et confiés à des familles d'adoption sous la dictature de Franco.

Eduardo Vela, ex-obstétricien de 85 ans, est le premier à comparaître devant un tribunal. Il est accusé par Ines Madrigal, 49 ans aujourd'hui, de l'avoir séparée de sa mère biologique et d'avoir falsifié son acte de naissance en juin 1969.

Un premier face à face qui n'a pas permis d'apporter toutes les réponses

Eduardo Vela s’est installé péniblement sur sa chaise pour répondre aux questions de la procureure et des avocats. Répondre, c’est un bien grand mot. À 85 ans, le docteur Vela  s’exprime avec difficulté pour dire qu’il ne se souvient de rien, ou de si peu. Par exemple quand ou lui demande qui s’est occupé des papiers d’Ines Madrigal à sa naissance. "Le dossier c’est peut-être moi qui l’ai fait, si ce n’était pas la sage-femme. Tant d’années sont passées..." répond Edouardo Vela.

La version intelligible est donc celle d’Ines Madrigal, interrogée juste après lui. Elle raconte les explications données par sa mère avant qu’elle ne décède. "Eduardo Vela a dit à mes parents qu’il y avait une fille très jeune et de bonne famille qui était enceinte et qu’il allait leur donner son bébé. Il a dit à ma mère de simuler une grossesse avec des coussins" explique Inès Madrigal. 

11 ans de prison requis contre le docteur

Le parquet a réclamé onze ans de prison à l'encontre du docteur Vela, la partie civile, 12 ans. Ils l’accusent d’enlèvement d’enfant et de falsification de documents officiels.

Ines Madrigal est consciente qu’en raison de son grand âge il pourrait éviter la prison. Mais elle croit ouvrir la première brèche judiciaire pour commencer à apporter une réponse à un scandale national qui concerne des milliers de personnes et a été passé sous silence pendant des dizaines d’années.

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