Espagne : un millier de manifestants réunis devant le mausolée de Franco pour protester contre le transfert de son corps

Les participants sont venus à l'appel d'un mouvement d'extrême droite à "une pérégrination nationale patriotico-religieuse" contre "la spoliation que les rouges prétendent perpétrer".

Des militants font un salut fasciste devant le mausolée de Franco à San Lorenzo del Escorial (Espagne), le 15 juillet 2018.
Des militants font un salut fasciste devant le mausolée de Franco à San Lorenzo del Escorial (Espagne), le 15 juillet 2018. (JAVIER SORIANO / AFP)

Au moins 1 000 personnes se sont rassemblées, dimanche 15 juillet, au mausolée de Franco, à San Lorenzo del Escorial (Espagne), pour protester contre la décision du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez de déplacer la dépouille du dictateur. Vers 11h30, une longue file d'attente s'est formée pour assister à la messe dans la monumentale basilique d'El Valle de los Caidos ("la vallée de ceux qui sont tombés", en espagnol) au bout de laquelle se trouve la tombe du dictateur qui gouverna l'Espagne de 1939 à sa mort en 1975.

Les participants sont venus à l'appel d'un mouvement d'extrême droite à "une pérégrination nationale patriotico-religieuse" contre "la spoliation que les rouges prétendent perpétrer". Certains ont entonné le Cara al Sol, hymne du parti fascisant de la Phalange, dont le fondateur José Antonio Primo de Rivera est également enterré au bout de la basilique. D'autres ont réalisé un salut fasciste. D'autres encore se sont vu confisquer par la Garde civile leurs drapeaux, pour certains de l'Espagne franquiste, la loi interdisant la tenue "d'actes de nature politique, d'exaltation de la guerre civile, de ses protagonistes ou du franquisme" dans ce lieu controversé.

Le transfert de la dépouille repoussé

Le mausolée abrite les corps de quelque 27 000 combattants franquistes ainsi que d'environ 10 000 opposants républicains, raison pour laquelle Franco, qui l'avait inauguré le 1er avril 1959, le présentait comme un lieu de "réconciliation". Mais ses détracteurs le voient comme un symbole de mépris pour les républicains dont les corps, extraits de fosses communes et de cimetières, y ont été transférés sans que leurs familles soient prévenues.

Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, porté au pouvoir début juin, a annoncé son intention de déplacer les restes du dictateur hors du mausolée. Le transfert, d'abord annoncé pour juillet, devrait finalement avoir lieu plus tard, a déclaré dimanche 15 juillet le ministre de l'Equipement José Luis Abalos, sans donner de date.