Espagne : les bébés volés du franquisme

En Espagne, le procès d'un ancien obstétricien ravive de douloureux souvenirs, mardi 26 juin. L'homme est accusé d'avoir été le complice du régime franquiste, qui déclarait morts les enfants de femmes républicaines pour les placer ensuite dans des familles proches du régime.

France 3

"Nous sommes des familles de bébés volés". Devant le tribunal de Madrid (Espagne), des dizaines de personnes scandent et réclament justice. Tous demandent la vérité sur ce qui ressemble à un véritable scandale d'Etat. Mardi 26 juin, un homme de 85 ans, ancien obstétricien, comparaît, accusé d'avoir déclaré mort-né un enfant avant de le placer dans une famille d'adoption.

"Rééduquer" les enfants au "gène communiste"

L'affaire est loin d'être un cas particulier, l'Espagne pourrait faire face à des centaines de milliers de cas isolés. En 1993, dans l'équivalent espagnol de l'émission Perdu de vue, une ancienne prisonnière républicaine retrouve sa fille, après 52 ans de séparation et de recherches. Elle n'avait pas abandonné sa fille, son enlèvement avait été planifié par le régime franquiste.

Le chef psychiatre des armées de Franco accusait les républicaines de transmettre aux enfants le gène communiste et préconisait de les séparer au plus tôt de leur mère. Les étaient alors rééduqués dès 3 ans dans des institutions religieuses et placés dans des familles stériles proches du régime. Les noms des bébés sont même parfois modifiés dans les registres d'état civil. Le procès de ce mardi est une nouvelle étape dans un long travail de mémoire sur les dérives du franquisme.

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Manifestation à Madrid, des mères victimes du scandale des "bébes volés du franquisme", le 27 janvier 2014. (ANDREA COMAS / REUTERS)