VIDEO. Va-t-il falloir garder ses déchets toxiques à la maison ?

A l’Oeil du 20h, sur les réseaux sociaux, nous avons vu passer une publicité avec un message très clair : “Apportez vos déchets chimiques en point de collecte.” Voilà qui tombe bien : nous avons justement un stock de pots de peintures remplis de solvants toxiques à jeter d’urgence à la déchetterie ! Enfin, si on veut bien nous les prendre...

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Pour nous débarasser des produits chimiques que l’on stocke à la maison, nous nous rendons à la déchetterie de Montluçon, dans l’Allier. Peintures, solvants, pesticides : tout a, normalement, sa place ici. “Malheureusement, depuis ce lundi on ne peut plus les prendre”, regrette Jean-Pierre Momcilovic, président du Sictom (Syndicat de traitement des ordures ménagères) de Montluçon. « On demande aux usagers de garder leurs déchets chez eux. Notre grosse crainte c’est que les gens, qui manquent parfois de civisme, jettent ces produits dans la nature. »

Une négociation qui traîne en longueur

A l’origine du problème : l’organisme censé collecter et traiter ces déchets toxiques ménagers vient de perdre son agrément délivré par l’État. Jusqu’ici c’était la mission d’EcoDDS, une entreprise créée par les 48 principaux fabricants et distributeurs, comme Carrefour, Leroy Merlin, V33 ou encore Mr Bricolage.

Depuis un an, l’État veut leur imposer de collecter plus de déchets : de 35 à 40 000 tonnes par an. Mais les négociations traînent en longueur et au ministère on s’agace. “C’est un bras de fer administratif avec un organisme qui ne veut pas assumer ses responsabilités", dénonce l'entourage de Brune Poirson, secrétaire d'État à la Transition écologique.

De son côté, EcoDDS regrette les lenteurs de l’administration : l’organisme attend toujours l’arrêté ministériel qui pourrait débloquer la situation. “La reprise des collectes par EcoDDS est pour l’instant entre les mains des pouvoir publics, répond l'entreprise dans un communiqué publié ce jeudi. L’éco-organisme espère obtenir dans les plus brefs délais son réagrément.”

"C'est le contribuable qui paye pour ces déchets dangereux" (Nicolas Garnier, Amorce)

Bref, chacun se renvoie la balle... Résultat, depuis le 1er janvier, les collectivités locales doivent se débrouiller comme elles peuvent. Certaines ont même dû installer à leurs frais des bennes de collecte spéciales pour ces produits toxiques. "Le scandale, c’est qu’alors que la collecte et le traitement des déchets dangereux devrait être financé et assuré par les producteurs, depuis quelques jours c’est le contribuable local qui paye pour ces déchets dangereux", s'indigne Nicolas Garnier, délégué général d'Amorce, une association d’aide aux collectivités pour la gestion des déchets.

Pendant ce temps, le bras de fer continue : selon nos informations, le gouvernement devrait convoquer la semaine prochaine les industriels. Peut-être enfin une sortie de crise ?