Transition écologique: des placements financiers parfois synonymes d'escroqueries

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France Télévisions

Pour faire fructifier votre argent, aujourd’hui, sur internet, de plus en plus de sites vous suggèrent d’investir dans des champs photovoltaïques, des éco-parking et même des éoliennes. Une finance verte qui allie promesses de gains alléchants et conscience écologique.Un secteur où fleurissent aussi parfois des escroqueries élaborées.

L'été dernier, la proposition d’un investissement rentable et vert a séduit Xavier (ndlr: le prénom a été changé). En quelques semaines, il a investi dix ans d’économies dans 4 parkings avec bornes de recharge électriques. "10 500 euros, encore 10 500, puis 9200 et enfin 14 500. Au total, ça fait 44 000 euros", énumère-t-il. Par mail puis au téléphone, des conseillers lui promettent plus de 10 pourcents de bénéfices annuels grâce à ces parkings présentés comme écologiques. “Le développement durable, l’environnement, c’est dans l’ère du temps. Ils sont très très forts", soupire le quinquagénaire. L’un des contrats qu’il signe en août dernier prévoit notamment des rentes mensuelles de 191 euros par parking. Le premier mois, Xavier perçoit bien les sommes annoncées. Puis, plus rien. Il prend alors conscience que les parkings n’existent pas. Et que ses 44 000 euros ont disparu. "Quand on découvre ça, on a les bras qui tombent, les jambes qui flagellent", souffle celui qui a depuis porté plainte.

Un préjudice moyen de 70 000 euros

L’histoire de Xavier n’est pas une exception. Selon l’autorité des marchés financiers, les faux placements verts auraient fait des dizaines de victimes cette année. Montant moyen du préjudice : 70 000 euros par personne. Mais alors, comment les auteurs de ces offres frauduleuses agissent-ils ? Pour tenter de comprendre, nous nous sommes laissés piéger. Sur internet, des dizaines de sites proposent d’investir dans des “éco-parkings”. Sur l’un d’entre eux, nous remplissons une demande d’information. Le lendemain, un homme nous contacte. Et nous explique le principe : le parking sur lequel nous investirons, nous ne le verrons jamais, nous n’aurons pas à l’entretenir car notre argent va en fait alimenter un fond d’investissement. Il complète: " l’avantage qu’il y a, c’est que vous n’êtes pas propriétaire du parking avec la borne mais c’est un groupe de financements qui lui, investit sur les parkings-bornes électriques, qui vous permet d’avoir une rentabilité qui tourne entre 8 à 11 % par an.” Dans les jours qui suivent, le conseiller, au ton toujours cordial, nous rappelera plusieurs fois et nous fait parvenir une brochure de présentation de ses produits. Y sont indiqués les pays où se trouveraient les places de parking - Portugal, Espagne, Pays Bas-, mais aussi leur rendement, en fonction de l’investissement souhaité. Selon le document, ces offres sont proposées par la filiale française de KBC. Une grande banque belge. Nous avons contacté la maison-mère à Bruxelles. Visiblement surprise, la banque explique qu’elle ne propose pas d’investissements dans des places de parking. “KBC France n’a aucune activité commerciale orientée vers des personnes physiques, ajoute le service presse de KBC. L’approche décrite ne nous est pas du tout connue. Notre département fraude demande si vous pouvez nous procurer plus d’informations". Comme d’autres avant elle, la banque belge pourrait avoir été victime d’une usurpation d’identité. 

Ils regardent l'actualité. Il y a des gens parmi eux qui réfléchissent aux produits qu'ils pourraient proposer

Un procédé que connaît bien l'association de défense des consommateurs (ADC). Elle traque depuis des années les faux placements. Selon les responsables de l'association, la finance verte est devenue l’un des produits phares des escrocs. "Ils regardent l'actualité, relève Guy Grandgirard, le président de l'association. Ils suivent l'évolution des choses. Et puis, il y a des gens parmi eux qui réfléchissent aux produits qu'ils pourraient proposer." Pour éviter les escroqueries, les associations et l’autorité des marchés financiers recommandent de se méfier des promesses de gains rapides et des publicités aperçues sur internet.

Parmi nos sources (liste non-exhaustive):

Autorité des marchés financiers

Banque KBC

Association de défense des consommateurs (ADC)

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