"Si on les laisse faire, tout sera bétonné !" : à Marseille, les défenseurs de l’environnement inquiets de la réforme de la loi littoral

Alors que se profile un assouplissement de la loi littoral, qui protège nos côtes du bétonnage, des voix s’élèvent à Marseille pour alerter sur les conséquences de la réforme sur le bord de mer.

La plage des Catalans, à Marseille (en haut à droite, le site de la friche Giraudon).
La plage des Catalans, à Marseille (en haut à droite, le site de la friche Giraudon). (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

La loi littoral est en danger : c’est l’alerte que lancent les associations de protection de l’environnement alors que les députés examinent mercredi 30 mai le projet de loi Elan sur le logement. Un projet de loi dont certains amendements visent à assouplir la loi littoral qui depuis 1986 protège nos côtes du bétonnage, suscitant l’inquiétude des défenseurs de l’environnement. Et pour cause : à Marseille, les promoteurs lorgnent notamment sur les mètres carrés qui jouxtent la plage des Catalans, au cœur de la ville.

Une résidence de luxe de 29 logements

"Nous sommes ici sur le site de Giraudon aux Catalans, explique Franck Pini, du collectif de défense du Littoral 13. C’est l’exemple emblématique de ce qui risque de se passer avec la loi Elan : cette friche, là depuis cinq ou six ans, devait être rasée, mais avec la loi, on pourra la transformer en une résidence de luxe de 29 logements à moins de 30 mètres de la mer, poursuit Franck Pini. Avec cette loi, on aura de plus en plus de difficultés à nous battre contre cela puisque les mairies auront l’opportunité de prendre des décisions à la carte pour aménager la loi littoral."

Bétonner les "dents creuses"

On nomme ces espaces restés ou retournés à l’état naturel entre des bâtiments d’un même hameau des "dents creuses". Un amendement de la loi Elan permettra de les bétonner. Il est possible de "fabriquer" ces "dents creuses", déplore Gérard Janson. "On rase les restaurants de la plage des Catalans à la Pointe rouge, les cabanons, et aujourd’hui on veut reconstruire du dur sur le littoral, fulmine le président du collectif. Si on les laisse faire, tout sera bétonné !" C’est ce que craignent toutes les associations de défense de l’environnement.