Sandy : les États-Unis à l'heure du premier bilan économique

Environ huit millions de foyers et d'entreprises plongés dans le noir, Wall Street à l'arrêt pendant deux jours, les transports paralysés, 42 morts recensés, des milliers de vols annulés... Sandy pourrait être l'un des désastres naturels les plus coûteux de l'histoire des États-Unis, estimé entre 15 et 20 milliards de dollars. Mais les experts se veulent rassurants : son passage n'aurait qu'un impact limité, à long terme, sur l'économie du pays.

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L'ouragan Sandy, qui a frappé les États-Unis dans la nuit de lundi à mardi, devrait être moins coûteux que Katrina (110 milliards de dollars) mais plus dispendieux qu'Irène (15 milliards de dollars). Après avoir affecté "des entreprises très diverses, comme des
commerces de détail, des sièges d'entreprises, des entreprises de transport,
des industries manufacturières, et des usines électriques
", les experts évaluent le coût des dégâts causés par cette monster storm  entre 15 et 20 milliards de dollars. 

15, 20, 30 milliards... premières estimations 

Sur ces 20 milliards de dollars, la moitié serait prise en charge par les assureurs selon le cabinet de conseil en gestion des risques Eqecat qui a confirmé mercredi ses chiffres publiés la veille. Suite à une étude plus resserrée, le cabinet AIR Worldwide évalue le coût total de l'ouragan entre 7 et 15 milliards de dollars pour les assureurs. Néanmoins, le cabinet Eqecat reste prudent. Son président Bill Koegh a rappelé que les premières estimations résultaient d'une modélisation.

L'évaluation des véritables dégâts nécessite "du temp *s  (...) p our l'instant, nous n'en sommes encore qu'à
la remontée des informations sur les détails en provenance du terrain ", a indiqué le président. En revanche, une chose est sûre, Sandy "sera parmi les 10 à 15 tempêtes les plus destructives* " ayant touché les États-Unis. 

Un constat partagé par les économistes du cabinet IHS Global Insight, qui eux estiment que le coût de Sandy pourrait atteindre 30 milliards de dollars voire 50 milliards.

Mais en dépit des arrêts d'activités et des dégâts matériels, le cabinet assure que l'impact sur l'économie du pays serait limité. La perte d'activité économique serait certes de plus de 20 millions de dollars mais représenterait seulement "0,2 à 0,3% du produit intérieur brut nominal du pays ", expliquent les économistes d'IHS Global Insight. 

Nouveau souffle économique après Sandy ?

Et le cabinet va plus loin dans son bilan : "une partie de ces pertes sera compensée en
bout de course par les activités liées à la reconstruction
". "Mais il serait naïf de défendre l'idée selon
laquelle un ouragan puisse avoir en un sens un effet de relance
économique
", précise le cabinet.

C'est pourtant l'idée que défend Peter Morici, économiste et professeur à l'Université du Maryland. Selon ce dernier, les catastrophes naturelles présentent paradoxalement des "avantages économiques " expliquant qu'elles peuvent "donner un coup de fouet à un secteur de la construction
aux prises avec les difficultés tout en provoquant des réinvestissements qui
dans les faits amélioreront les zones frappées et les conditions de vie de
leurs habitants
".

Les tempêtes, dans un premier temps, réduisent l'activité économique mais auraient donc tendance à doper l'économie à en croire Peter Morici, mais pas seulement. Le cabinet de conseils Challenger, Gray and Christmas prévoit "probablement une
augmentation des embauches dans le secteur de la construction (...) et une hausse
des dépenses des ménages et des entreprises afin de réparer les dégâts
" une fois le choc passé.

"Typiquement les situations météorologiques extrêmes
peuvent doper les dépenses et la production"
(Jim O'Sullivan, économiste)

Un point de vue proche de celui de Jim O'Sullivan du cabinet d'économistes HFE, qui s'appuie sur le cas Katrina. "Même l'ouragan Katrina qui avait dévasté la
Nouvelle-Orléans en 2005 et provoqué des dégâts estimés à 110 milliards de
dollars, n'avait eu qu'un effet relativement minime sur le PIB
",
explique-t-il dans une interview accordée à la chaîne Bloomberg.

Reprise des activités à Wall street  

En attendant les évaluations précises du coût des dégâts, les principaux marchés américain ont rouvert mercredi à Wall Street après deux jours consécutifs d'arrêt. Une fermeture historique. Cette dernière séance du mois d'octobre risque d'être particulièrement volatile comme l'explique Saxo Bank dans un courrier à ses clients : "l e marché s'étant interrompu en pleine saison
des résultats et à quelques jours de l'élection présidentielle américaine, nous
devrions assister dans les premiers échanges à un certain 'repricing' des
actions nord-américaines aujourd'hui
".

Les actions pétrolières ont repris normalement alors que deux installations ont complètement suspendu leurs activités mardi et quatre les ont réduites. Les dégâts causés par Sandy sur les raffineries de la côte Est des États-Unis ne semblent pas aussi importants que craint initialement. Une nouvelle qui alimente la demande de brut.