Mise en examen de deux châteaux en Gironde après des épandages : "un électrochoc"

Une vingtaine d'élèves et une institutrice d'une école à Villeneuve de Blaye s'étaient sentis mal, en mai 2014, après le traitement de vignes dans des propriétés agricoles à proximité. 

Un épandage pour traiter de la vigne dans une propriété du sud du Médoc, le 3 juin 2015.
Un épandage pour traiter de la vigne dans une propriété du sud du Médoc, le 3 juin 2015. (COTTEREAU FABIEN / MAXPPP)
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Deux châteaux, situés dans le Blayais en Gironde ont été mis en examen en octobre pour "usage inapproprié de produits phytopharmaceutiques" sur des vignes à proximité d’une école, a rapporté mercredi 1er novembre France Bleu Gironde.

L'histoire avait fait grand bruit il y a deux ans, en mai 2014. 23 élèves et une institutrice de l'école de Villeneuve de Blaye avaient été touchés de malaise. Très vite, les soupçons s'étaient portés sur l'épandage agricole qui avait eu lieu le matin même.

"C'est toujours désagréable d'être mis à l'honneur pour des motifs comme celui-ci. Aujourd'hui, la France est un État de droit (...) jusqu'à ce qu'ils soient condamnés, s'ils sont condamnés, ils sont présumés innocents", a réagi Jean-Samuel Eynard, président des vins de l'appellation Côte de Bourg. "Il y a un tas de règles qui encadre l'utilisation de ces produits, que [les viticulteurs] soient en bio ou en conventionnel. À chacun de les respecter comme chacun, au volant de sa voiture, doit respecter le code de la route."

Une victoire pour la Sepanso

À la Sepanso, la Société pour l'Étude et l'Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest, on se réjouit de cette décision. "C'est un électrochoc qui est destiné à faire prendre conscience de l'importance de la gravité du sujet", a déclaré Daniel Delestre, président de la Sepanso Gironde. "Des pesticides il y en a partout, il est temps de réagir collectivement, d'une façon intelligente. Il ne s'agit pas de stigmatiser telle ou telle profession, il s'agit de réagir collectivement de façon judicieuse face à ce vaste problème."

Cette association avait repris le combat après une première plainte classée sans suite par le parquet de Libourne, et avait obtenu l'ouverture d'une information judiciaire en décembre 2015. "Cela montre que la justice réagit face à cet accident mettant en péril la santé d'élèves et d'une institutrice (...). Au fond, il y a des gens qui ont le souci de l'intérêt public, de tirer des leçons de cet accident déplorable. C'est une certaine satisfaction pour tous les efforts que l'on fait pour défendre la santé à court terme et à long terme."