"L'agriculture doit sortir des pesticides", estime la Confédération paysanne

Véronique Marchesseau, secrétaire générale du syndicat, estime qu'on ne "s'attaque pas au fond du problème" en fixant une distance minimale entre les zones traitées aux pesticides et les habitations, comme le souhaite le gouvernement.

Le gouvernement veut fixer une distance minimale de cinq à dix mètres entre les zones traitées aux pesticides et les habitations.
Le gouvernement veut fixer une distance minimale de cinq à dix mètres entre les zones traitées aux pesticides et les habitations. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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"Nous ne sommes pas favorables à ces chartes qui préconisent des zones de non-traitement à proximité des habitations", a déclaré lundi 9 septembre sur franceinfo Véronique Marchesseau, secrétaire générale de la Confédération paysanne, alors que le gouvernement a lancé une consultation sur les zones d'épandage, en proposant de fixer une distance minimale de cinq à dix mètres entre les zones traitées aux pesticides et les habitations.

"Nous pensons que l'agriculture, de façon générale, doit sortir des pesticides. Les pesticides sont un vrai scandale sanitaire. Les premières personnes qui en subissent les conséquences, ce sont quand même les paysans et les paysannes. Une charte, c'est insuffisant. Il faut vraiment qu'on ait des objectifs qui soient beaucoup plus ambitieux. Il faudrait investir pour une véritable transition du modèle agricole, qui arriverait à terme à une sortie des pesticides", a ajouté la syndicaliste.

On ne "s'attaque pas au fond du problème"

Instaurer une distance minimale entre les zones d'épandage et les zones habitées "ne fera pas une différence significative", a affirmé Véronique Marchesseau, car "il y a du vent. Cela va éviter les contaminations aiguës mais ça n'évitera pas l'aspect chronique de la pollution par les pesticides, qui est la véritable atteinte à la santé et la biodiversité."

"Ce n'est pas la bonne méthode. L'effet premier, c'est d'apaiser l'inquiétude des riverains sans s'attaquer au fond du problème qui est la dangerosité des pesticides pour des raisons sanitaires et pour des raisons d'effondrement de la biodiversité", a terminé la secrétaire générale de la Confédération paysanne.