La condamnation de Monsanto est "une décision historique"

François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations Futures, se réjouit sur franceinfo de la condamnation du géant des pesticides à verser une lourde amende à un jardinier atteint d'un cancer.

François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations Futures, le 28 avril 2014 à Paris.
François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations Futures, le 28 avril 2014 à Paris. (? MARLENE AWAAD / MAXPPP)

"C'est une décision historique", a réagi sur franceinfo François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations Futures, après la condamnation de Monsanto par un tribunal californien à payer 289 millions de dollars, l'équivalent de 253 millions d'euros, à un jardinier d'écoles primaires. Dewayne Johnson est atteint d'un cancer incurable. Le géant des pesticides et herbicides a été déclaré responsable de sa maladie par un jury populaire.

La responsabilité de Monsanto explicite

"Le jury a reconnu que les produits à base de glyphosate étaient responsables du cancer du jardinier, ils ont reconnu que Monsanto savait que les produits étaient dangereux et qu'il y avait un manque d'information sur les emballages qui n'ont pas permis au jardinier de se protéger." Aux États-Unis, il y a 5 000 procès contre Monsanto en cours.

Le groupe a décidé de faire appel de cette décision, ce qui n'étonne pas François Veillerette. "Monsanto est un géant. Il a tous les fonds nécessaires pour faire durer les procédures juridiques autant qu'il le souhaite. Donc, ce n'est pas une surprise qu'il fasse appel."

En France, le glyphosate devrait être bientôt interdit

Cette condamnation "ouvre la voie vers d'autres procédures, puisque derrière il y a la reconnaissance de la dangerosité des produits de Monsanto." En France, Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a affirmé, sur la base des études universitaires publiées, que le glyphosate et les produits qu'il contient sont cancérigènes, explique François Veillerette. "Donc, il y a une avancée dans ce jugement qui reconnaît le bien-fondé du jugement du Centre international de recherche sur le cancer."

En France, le glyphosate devrait être interdit d'ici 3 ans.