Fichage de données personnelles pour Monsanto : 600 personnes concernées en France et en Allemagne

Des listes de personnalités (politiques, scientifiques, journalistes) en Europe ont été dressées en fonction de leurs positions sur les pesticides et les OGM, et de leur propension à être influencées. 

Un fichier appelé \"Glyphosate target\" liste 74 cibles prioritaires, divisées en quatre groupes en fonction de leur soutien à Monsanto (capture d\'écran).
Un fichier appelé "Glyphosate target" liste 74 cibles prioritaires, divisées en quatre groupes en fonction de leur soutien à Monsanto (capture d'écran). (L'OEIL DU 20 HEURES / FRANCE 2)
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La révélation de ce fichage avait amené le groupe Bayer à présenter ses "excuses". Quelque 600 personnes sont concernées, en France et en Allemagne, par des fichiers de personnalités commandés par Monsanto, a annoncé le groupe Bayer, lundi 17 juin.

"Jusqu'à la fin de la semaine dernière, toutes les personnes qui se trouvent sur les listes pour la France et l'Allemagne ont été contactées par le cabinet mandaté", a indiqué Bayer sur le compte Twitter du groupe. "Au total, il s'agit de près de 600 personnes."

Des listes de personnalités (politiques, scientifiques, journalistes) dressées en fonction de leurs positions sur les pesticides et les OGM et de leur propension à être influencées existent également dans au moins cinq autres pays (Italie, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Royaume-Uni) ainsi que pour les institutions européennes.

Le chimiste allemand Bayer, propriétaire de Monsanto depuis l'an dernier, a mis un terme "jusqu'à nouvel ordre" à sa collaboration en matière de communication avec l'agence Fleishman-Hillard, qui avait établi ces fichiers pour le compte de Monsanto.

Des fichiers établis en 2016

La justice française a ouvert une enquête sur des soupçons de fichage illégal, qui vise notamment le chef de "collecte de données personnelles par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite".

Les documents en question datent de 2016, soit avant le rachat par Bayer du géant américain des pesticides et des OGM, finalisé l'été dernier pour 63 milliards de dollars (56 milliards d'euros). Depuis cette acquisition, Bayer doit affronter les multiples procédures liées à l'herbicide au glyphosate du groupe américain. Celui-ci a fait l'objet ces derniers mois de trois jugements défavorables en Californie, et est désormais visé par plus de 13 000 requêtes aux Etats-Unis.

Le groupe allemand a promis vendredi plus de "transparence" en réaction au scandale. S'il ne tourne pas le dos au glyphosate, classé "cancérigène probable" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Bayer compte investir cinq milliards d'euros sur dix ans dans de nouvelles générations d'herbicides.