En marge de la COP23, le glyphosate est présenté comme une solution pour le climat

Alors que la 23e conférence de l'ONU sur le climat (COP23) se termine vendredi à Bonn, en Allemagne, des conférenciers vantent, en marge du sommet mondial, les effets positifs du glyphosate pour capter le CO2 dans les sols.

Le désherbant Roundup, commercialisé par la firme américaine Monsanto, contient du glyphosate.
Le désherbant Roundup, commercialisé par la firme américaine Monsanto, contient du glyphosate. (MAXPPP)

Du glyphosate pour sauver le climat... Ce message curieux est porté dans les coulisses du 23e sommet mondial sur le changement climatique (COP23), qui se termine vendredi 17 novembre à Bonn, en Allemagne. Cette fausse solution est vantée dans des colloques organisés en marge de la conférence, ce qui ne manque pas e faire débat, certains craignant même que l'herbicide, pourtant classé comme cancérigène probable par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ne bénéficie de financement de la lutte contre le réchauffement climatique.

Le glyphosate fait débat à la COP23 : reportage d'Anne-Laure Barral à Bonn
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Un double discours français

L'idée défendue par les défenseurs du glyphosate est qu'il permettrait de capter plus de CO2 dans les sols. Pour le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, en visite à Bonn, il y a quand même d’autres solutions. "Effectivement, ça fait partie des solutions qui peuvent être portées, et il faut travailler sur l’aménagement de nouvelles pratiques agronomiques. On peut continuer à défendre cette initiative sur la séquestration du carbone, essayer de regarder comment nous pouvons à la fois diminuer et se passer de l’utilisation de ce produit", a-t-il déclaré. 

Méfiance des ONG

Pas question donc de garder le glyphosate au nom de l’urgence climatique pour la France. Ceci étant, Anne Laure Sablé, du CCFD, reste sur ses gardes. "Malheureusement, il y a des Etats, mais aussi des multinationales de l’agro-industrie qui prônent l’usage du glyphosate pour aujourd’hui capturer du carbone dans les sols. Aujourd’hui, ces Etats sont les mêmes à vouloir bénéficier du crédit de la lutte contre les dérèglements climatiques", constate-t-elle. Pour les associations, l’agriculture ne doit pas seulement penser à capter du CO2 dans les sols, mais aussi à réduire son méthane et son protoxyde d’azote. Ces autres gaz à effet de serre sont également très néfastes pour le climat.