Pérou : une eau plus chère à cause d'un climat plus chaud

Le Pérou, où se tient la conférence de Lima, voit déjà les effets du réchauffement climatique sur son prix de l'eau. Les autorités et les habitants s'organisent sur place pour faire face à ces changements et limiter la casse.

(Cet agriculteur péruvien a dû trouver lui-même un système pour son eau d'irrigation, à cause de l'augementation des prix © RF/ Anne-Laure Barral)
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La ville de Huyncayo à 3.200 m d’altitude est la plus grande de la zone centrale du Pérou. Grâce aux lacs d’altitude, ces 500.000 habitants ont de l’eau potable. La moitié de ces lagunes est remplie par les pluies, l’autre par la fonte des glaciers. Mais comme les glaciers se réduisent et que la température se réchauffe cela change tout le système de la station de traitement d’eau de la ville. "Aujourd’hui on voit qu’il y a une eutrophisation de l’eau, dans ces lacs, c'est-à-dire qu’il y de petites algues qui se forment à cause du changement climatique ", explique Carlos Rosario le superviseur de la station de la ville.

(Carlos Rosario de la station de traitement des eaux de la ville de Huyancayo © RF/Anne-Laure Barral)

 Généralement, l’eau en provenance des lacs d’altitude à une température entre 8 et 12°. Mais depuis quelques années, elle peut monter jusqu’à 15°. Du coup, il faut plus de produits comme du sulfate d’aluminium ou du chlore pour la rendre potable. Et tout cela à un coût. L’an prochain, les tarifs vont augmenter de 10%. "Bien sûr, beaucoup de gens s’opposent à cette augmentation des tarifs mais nous allons faire de la pédagogie pour leur expliquer que ce n’est pas seulement pour leur bien mais aussi pour celui des générations futures ", pense le directeur du service des eaux de la ville Bachir Perez Garai.

La pluie vient plus tard

Le service des eaux de la ville compte donc améliorer les retenues d’altitude pour capter aussi plus de pluie. Il participe également à un programme de plantation d’arbres pour capter l’eau de pluie et l’infiltrer dans le sol grace à leurs racines. Encore faut-il qu’il pleuve. D’habitude la saison humide démarre fin octobre cette année les premières pluies ne sont tombés que la semaine derniere.