Un maximum de 40 loups pourront être abattus en 2018

Le plan loup 2018-2023 a été dévoilé par le ministère de la Transition écologique. 

Des loups aperçus dans un parc animalier des Angles (Pyrénées-Orientales), le 18 juin 2015.
Des loups aperçus dans un parc animalier des Angles (Pyrénées-Orientales), le 18 juin 2015. (RAYMOND ROIG / AFP)

Le nouveau plan loup 2018-2023 a été dévoilé. Un maximum de 40 loups pourront être abattus en 2018, annonce le ministère de la Transition écologique, qui vise une population de 500 individus d'ici 2023, contre environ 360 actuellement. Ce plafond d'abattage pourra toutefois être "actualisé, une fois connus les chiffres de la population au printemps, pour être porté à 10% de la population", précise le plan, lundi 19 février.

>> Lire le document complet du plan national d'actions sur le loup et les activités d'élevage

Le dernier arrêté en vigueur permettait l'abattage de 40 loups entre le 1er juillet 2017 et le 30 juin 2018. Le nouveau plan se base désormais sur l'année civile, mais les "prélèvements" ne pourront se faire qu'entre septembre et décembre. Pour assurer la transition avec la gestion de l'année 2017 et le passage à l'année civile comme période de référence, le plafond initial pour l'année 2018 est établi à 40. A partir de 2019, le plafond annuel sera "fixé à 10% de la population, sur la base des recommandations scientifiques", avec possibilité de relèvement de 2% "en cas d'atteinte du plafond avant la fin de l'année civile et de dommages particulièrement importants".

Les éleveurs critiquent les nouvelles conditions d'indemnisation

Malgré tout, les éleveurs pourront "toute l'année" se défendre "en cas d'attaques". Ce projet est très critiqué par ces professionnels, qui dénoncent les attaques contre leurs troupeaux. Le loup est notamment présent dans les Alpes, où il a tué près de 10 000 brebis en 2016. Le plan dévoilé lundi prévoit donc des aides à la protection des troupeaux (bergers pour le gardiennage, chiens, parcs électriques) et le développement de mesures de protection et d'effarouchement "innovantes".

Le plan prévoit également une mesure très critiquée par les éleveurs, puisque leurs indemnisations seront désormais soumises à la mise en place préalable de mesures de protection. Début février, déjà, une vingtaine de députés LREM de zones de montagne avaient réclamé une modification du plan et notamment de cette mesure qu'ils ne jugent "pas acceptable".

De nouvelles expertises pour compter les loups

Environ 5 700 contributions ont été déposées lors de la consultation publique du plan, qui a eu lieu du 8 au 29 janvier. Au total, "75% insistent sur l'importance de la préservation du loup, tandis que 25% soutiennent l'élevage face à la prédation", précise le ministère.

Le loup a disparu en France dans les années 1930. Espèce protégée, il est revenu par l'Italie à partir de 1992. Fin 2017, la population était estimée à environ 360 individus, contre 292 en 2016. Alors que les méthodes de comptage des loups sont parfois contestées, de nouvelles expertises sont prévues en collaboration avec l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, notamment pour étudier la question de l'hybridation entre chiens et loups.