Le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) scrute les séismes du monde entier pour pouvoir donner l'alerte aux tsunamis

Bruno Feigner, qui dirige le département d'analyse et de surveillance de l'environnement (Dase) du CEA, situé dans l'Essonne, explique le processus.Une fois l'alerte au séisme reçue, y compris sa magnitude et sa localisation, la course contre la montre débute pour les experts du CEA qui doivent évaluer les éventuels tsunamis à venir.

Le tsunami post-séisme à Kensennuma, au nord du japon, vendredi 11 mars 2011.
Le tsunami post-séisme à Kensennuma, au nord du japon, vendredi 11 mars 2011. (AFP - Yomiuri Shimbun)
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Bruno Feigner, qui dirige le département d'analyse et de surveillance de l'environnement (Dase) du CEA, situé dans l'Essonne, explique le processus.

Une fois l'alerte au séisme reçue, y compris sa magnitude et sa localisation, la course contre la montre débute pour les experts du CEA qui doivent évaluer les éventuels tsunamis à venir.

Un énorme "rééquilibrage de la croûte terrestre" étudié à la loupe
"La faille s'est rompue ce matin (vendredi) sur 500 km, avec un glissement pouvant aller jusqu'à 8 mètres par endroits", explique Bruno Feignier, pour illustrer l'ampleur de la masse d'eau qui a été déplacée durant trois longues minutes par cet énorme "rééquilibrage de la croûte terrestre".

Une fois tous les paramètres en jeu déterminés, ils sont rentrés dans de puissants calculateurs qui les croisent avec les données topographiques des fonds sous-marins sur toute l'étendue du bassin Pacifique pour savoir comment l'énergie de la vague sous-marine va rayonner dans la région.

Une simulation montre l'onde du tsunami se propager
En quelques heures seulement, le Dase parvient à créer une simulation montrant de minute en minute l'onde du tsunami en train de se propager depuis les côtes japonaises, à une vitesse de 800 km/h en haute mer.

Sur l'animation, on peut voir la vague, d'un mètre de haut environ, atteindre Hawaï huit heures après le séisme. Elle fonce aussi sur Wallis-et-Futuna et les Marquises, en "zone rouge" sur la carte et où la nature des fonds sous-marins pourrait amplifier le phénomène pour former un raz-de-marée de plusieurs mètres.

Ces prédictions sont régulièrement alimentées et confirmées par des observations réalisées au fond de l'eau par une série de bouées mesurant la hauteur des vagues au fur et à mesure que le tsunami passe.

Des simulations précieuses pour donner l'alerte dans les territoires français du Pacifique et permettre aux habitants de se mettre à l'abri suffisamment tôt.

La surveillance sera maintenue jusqu'à samedi
La surveillance devra se maintenir encore jusqu'à samedi, car l'onde du tsunami peut mettre jusqu'à 24 heures pour traverser le Pacifique. Et les très nombreuses répliques, 25 d'une magnitude supérieure à 5,5 dans les quatre heures suivant la première secousse, peuvent elles aussi générer des raz-de-marée, souligne M.Feignier.

Bientôt un nouveau centre pour la Méditerranée et l'Atlantique-Est
Ces simulations servent aussi à mettre au point les différents scénarios du futur Centre national d'alerte aux tsunamis, qui ouvrira à Bruyère-le-Châtel l'an prochain pour scruter la Méditerranée et l'Atlantique-Est.

Un enjeu crucial pour la métropole, car un raz-de-marée ne mettrait qu'un peu plus d'une heure à se propager des côtes d'Afrique du Nord à la rade de Toulon.