Journée internationale des forêts : le métier parfois incompris des agents de l'ONF, "chefs d'orchestre" de la forêt

La forêt représente un tiers du territoire français et nécessite un travail continu de façonnage et de sécurisation de la part des agents de l'Office national des forêts.

Article rédigé par
Boris Loumagne - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Abattage d'un chêne en forêt de Meudon, le 11 mars 2021. (JEAN-BAPTISTE QUENTIN / MAXPPP)

Les agents de l'Office national des forêts gèrent les forêts publiques de France et se consacrent toute l'année à plusieurs missions, notamment la préservation de la biodiversité, l'accueil du public et la production de bois. "Les forêts, ce sont des espaces naturels potentiellement dangereux, donc l'ONF intervient en coupant les arbres dangereux, en élaguant les branches mortes", explique Séverine Rouet, de l'ONF Île-de-France Ouest. "Attention quand même, une forêt n'est jamais sécurisée à 100% et lorsqu'il y a des intempéries, il ne faut pas aller en forêt, c'est potentiellement dangereux", prévient-elle. "La deuxième mission de l'ONF, c'est de maintenir les forêts dans un bon état de propreté. Les forêts subissent des dépôts sauvages, c'est une nécessité de les ramasser", poursuit Séverine Rouet. Elle indique, enfin, que l'objectif de l'ONF est aussi "d'aménager ces forêts pour qu'elles soient accueillantes, mettre en place du mobilier bois, créer des cheminements, des aires d'accueil".

Marianne de Brito, agent de l'ONF, se voit comme le "chef d'orchestre" de la forêt. "Mais peut-être aussi l'enseignant ou le parent qui va aider à pousser, grandir, sortir de la ronce, poursuit-elle. C'est un façonnage." Et ce "façonnage" passe par le marquage, ou martelage, des arbres destinés à être abattus. "Ce chêne-là, je vais le prélever au profit de celui qui est juste à côté qui a un houppier (sommet du tronc) beaucoup plus développé, donc qui aura beaucoup plus de stabilité, indique Marianne de Brito au cours d'une opération en forêt domaniale de Meudon, près de Paris. "Celui-ci est étriqué, il n'est pas complet et pousse un peu l'autre", poursuit-elle. Une fois abattu, le chêne en question servira à la conception de meubles, de charpente, ou encore comme bois de chauffage.

Un métier parfois incompris

Malgré le nouveau confinement mis en place en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, l'Office national des forêts s'attend à ce que les forêts péri-urbaines comme celle de Meudon soient très fréquentées pendant la durée de mise en place de ces nouvelles mesures sanitaires. Il est en effet toujours possible de se balader, sans justification, dans un rayon de 10 km autour de chez soi.

Dans une forêt comme celle de Meudon, fréquentée par des citadins, les agents de l'Office national des forêts sont parfois confrontés à des personnes qui ne comprennent pas leur métier. "Souvent, quand on nous interpelle en nous disant 'vous coupez tous les arbres', je réponds 'revenez la saison prochaine, vous verrez la végétation aura repris, les arbres auront repris du volume', raconte Marianne de Brito. La société veut beaucoup de choses, trop vite. Quand on exploite, oui c'est un chantier, oui il y a de la boue, les sols sont abîmés, les tronçonneuses ça fait du bruit, mais il faut laisser le temps, il y a des ornières mais ça va se passer, ça va se tasser. C'est un métier du terroir." Agent de l'ONF, c'est aussi un des rares métiers où l'on travaille pour un résultat que l'on ne verra pas soi-même. Les chênes entretenus aujourd'hui seront en effet coupés dans une centaine d'années.

Le métier parfois incompris des agents de l'ONF - Reportage de Boris Loumagne
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