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Déchets plastiques en mer : "Il est nécessaire de mobiliser la responsabilité individuelle et collective", plaide l'eurodéputée Catherine Chabaud

"Il faut réduire la production de nos plastiques en amont, mais il faut aussi les faire rentrer dans une économie circulaire", défend l'ancienne navigatrice qui vient de faire adopter à une très large majorité par le Parlement européen un plan d'action contre les déchets sauvages.

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Radio France
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Catherine Chabaud était l'invitée de Catherine Pottier, samedi 30 mars sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Le rapport de l'eurodéputée Catherine Chabaud sur l’impact des déchets marins sur les pêcheries, qui prévoit notamment un plan d'action contre les déchets sauvages, a été adopté jeudi au Parlement européen à une très large majorité. "Il est véritablement nécessaire de mobiliser la responsabilité individuelle et collective", a alerté vendredi 26 mars sur franceinfo Catherine Chabaud, ancienne navigatrice, députée européenne Renew.

franceinfo : Quelles sont les solutions ?

Catherine Chabaud : Elles se prennent majoritairement de la terre. Il faut réduire la production de nos plastiques en amont, mais il faut aussi les faire rentrer dans une économie circulaire. Beaucoup rejoignent la mer via les fleuves et les rivières. Donc, il faut véritablement s'intéresser aux zones d'accumulation qui sont sur les rivières. On en identifie aussi beaucoup au large.

"Aller nettoyer au large ne sert à rien si on n'arrête pas le robinet en amont."

Catherine Chabaud, ancienne navigatrice, eurodéputée Renew

à franceinfo

Faut-il recycler ces déchets ?

Oui et il faut éviter que cela ne devienne un déchet sauvage. À partir du moment où il est dans la nature, il a quitté l'économie circulaire et il faut arriver à l'y faire rerentrer. Il y a la problématique aussi des microbilles de plastique introduit dans certains produits cosmétiques, mais cela va être interdit prochainement en France. Il faut faire de la recherche pour savoir quel impact cela a sur l'écosystème et la ressource et sur la santé. Le rapport s'intéresse aussi aux déchets produits par les aquaculteurs et les pêcheurs. Sur les plages, 27% des déchets que l'on retrouve sont des poches ostréicoles, des filets, du polystyrène. Une des recommandations que nous faisons c'est d'étudier la sortie du polystyrène. Il y a 1 % à la surface mais il y a tout ce qui est à l'intérieur de la colonne d'eau, dans les fonds. Il y a des bouteilles plastiques. Les pêcheurs sont eux-mêmes les premières victimes de ces impacts, mais eux-mêmes sont producteurs donc, il faut aussi accompagner les pêcheurs.

Quels gestes peut-on faire au quotidien ?

C'est un de mes grands messages. Quand j'ai vu ces plastiques en mer je me suis sentie responsable. C'est à moi, c'est à vous, c'est à nous tous. Il faut comprendre que c'est véritablement un sujet de lien entre la terre et la mer. Si vous jetez un mégot de cigarette à Paris, il est probable qu'un jour il va rejoindre la mer. Donc c'est pour ça qu'il y a deux ans j'ai lancé, avec d'autres, un appel pour que l'océan soit reconnu comme un bien commun de l'humanité. Il est véritablement nécessaire de mobiliser la responsabilité individuelle et collective. Les masques que nous portons aujourd'hui ont déjà rejoint le milieu marin. Donc, il y a une prise de conscience à avoir. Il est temps d'accélérer les mesures pour réduire le nombre de matériaux qui constituent certains objets.

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