Projet de stockage de déchets radioactifs à Bure : l'Autorité de sûreté nucléaire émet "des réserves"

Le président du gendarme du nucléaire en fait l'annonce dans un entretien au "Monde", ciblant particulièrement les déchets bituminés.

Des ouvriers travaillent sur le site Cigeo de Bure (Meuse), le 21 novembre 2017.
Des ouvriers travaillent sur le site Cigeo de Bure (Meuse), le 21 novembre 2017. (FREDERICK FLORIN / AFP)
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Le feu n'est pas encore vert. Le projet Cigeo d'enfouissement de déchets radioactifs à Bure (Meuse) "a atteint dans son ensemble une maturité technique satisfaisante". Mais l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a "des réserves sur un sujet important : celui des déchets bitumés". Le président du gendarme du nucléaire, Pierre-Franck Chevet, l'annonce dans un entretien au Monde, lundi 15 janvier.

Des déchets très inflammables

Ces déchets, qui représenteront environ 18% de l'ensemble des déchets stockés par Cigéo, sont très inflammables. "Sur ce point, l'Andra [Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs] doit revoir sa copie", prévient le patron de l'ASN. "Si ce sujet n'est pas traité de manière satisfaisante, le stockage de ces déchets ne sera pas autorisé par l'ASN." 

L'IRSN [Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire], le bras technique de l'ASN, avait soulevé le problème, en demandant à l'Andra, qui gère ce projet, d'étudier deux options pour y remédier. Soit étudier la possibilité d'un prétraitement de ces déchets pour neutraliser leur inflammabilité avant leur enfouissement, soit de revoir la conception de leur stockage. Dans son avis définitif, l'ASN demande que la première solution soit privilégiée, mais que la seconde piste soit étudiée.