Décès d'un joggeur dans les Côtes-d'Armor : "Nous voulons un procès des marées vertes"

Après la mort d'un joggeur dans les Côtes-d'Armor, la justice ordonne l'exhumation à des fins d'autopsie. L'association Halte aux marées vertes annonce vendredi 23 septembre sur franceinfo qu'elle maintient son intention de déposer plainte contre les représentants de l'Etat. Elle veut aussi "un procès des marées vertes". 

La justice va vérifier si les algues vertes, ici en juin 2016 en baie de Saint-Brieuc, sont responsables de la mort d\'un joggeur en septembre dernier
La justice va vérifier si les algues vertes, ici en juin 2016 en baie de Saint-Brieuc, sont responsables de la mort d'un joggeur en septembre dernier (CYRIL FRIONNET/MAXPPP / MAXPPP)
#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

Le parquet de Saint-Brieuc a ordonné jeudi 22 septembre l'exhumation du corps d'un joggeur de 50 ans, décédé 8 septembre, à l'embouchure du Gouessant dans les Côtes-d'Armor. La justice répond ainsi à la demande de plusieurs associations qui mettent en avant l'hypothèse des algues vertes en lien avec le décès. Dans l'attente des analyses, l'association Halte aux marées vertes maintient son intention de porter plainte contre le préfet de la région Bretagne et le préfet des Côtes-d'Armor. Le co-président de l’association Halte aux marées vertes, André Ollivro, était l'invité de franceinfo, vendredi 23 septembre. 

franceinfo : pourquoi réclamiez-vous une exhumation du corps du joggeur ? 

André Ollivro, co-président de l’association Halte aux marées vertes : Nous savons depuis longtemps que l'estuaire du Gouessant est un haut-lieu toxique. C’est là qu’un troupeau de sangliers est mort. C’est là que de petits animaux comme des ragondins ont perdu la vie. C’est un haut-lieu de décomposition des algues vertes, puisqu’à chaque marée, la mer remonte des algues qui viennent se décomposer et former cette immense vasière.

Des algues sont pourtant ramassées ?

Oui, il existe un plan algues vertes, parce que notre association a gagné un procès en 2009. Les algues sont ramassées, mais pas toutes. Il y a celles qui peuvent être ramassées sur le bord des plages mais celles qui sont dans le milieu de la plage, dans l’infralittoral comme on dit, ne peuvent pas être ramassées. Avec la marée, elles reviennent dans le fond des criques et des estuaire. C’est là que ça pose un problème parce qu’elles se décomposent.

Quelles sont les solutions ?

Il faut déjà diminuer la production d’algues vertes. Il faut arriver au fait qu’il n’y en ait plus du tout. Il faut que ce plan [pour lutter contre les algues vertes] soit engagé à la vitesse TGV.

Etes-vous convaincu que le décès du 8 septembre est lié aux algues vertes ?

Tout à fait. Il suffit d’aller dans cette vase et d'y mettre son pied. On crée un trou et à ce moment-là, on libère les gaz qui sont stockés dans la vase. Il n’y pas seulement de l’hydrogène sulfuré, puisqu’il y a une vingtaine de gaz, notamment du méthane. Tous ces gaz fonctionnent en synergie sur le corps humain, dans les poumons, et cela provoque la mort.

Pourquoi l'autopsie n'a-t-elle pas été ordonnée immédiatement ?

Sur le coup, tout le monde était convaincu que c’était à cause des algues vertes. 24 heures après, on a dit "non, c’est une mort naturelle". Heureusement que notre association a levé le drapeau haut et fort en disant qu’il fallait la vérité sur ce décès, des analyses de sang, l’exhumation du corps et une autopsie. L’autopsie permettra de savoir si l’hydrogène sulfuré a eu de l’influence.

L’autopsie accordée, maintenez-vous votre dépôt de plainte contre le préfet de région et le préfet des Côtes-d’Armor ?

Tout à fait. Depuis plusieurs années, nous disons qu’il faut prévenir les populations et qu’il faut accélérer le plan algues vertes. Nous voulons absolument qu’il y ait une instruction. Nous avons déjà un dossier pénal au tribunal de Paris avec plusieurs affaires. Celle-ci est une affaire en plus. Nous voulons arriver à un procès des marées vertes.

"Il faut prévenir les populations et accélérer le plan algues vertes" : André Ollivro, co-président de l’association "Halte aux marées vertes"
--'--
--'--