Zones à Faibles Emissions : la Fédération de la distribution automobile appelle le gouvernement "à revenir à la raison"

Dès le 1er janvier prochain, les véhicules Crit'Air 5 seront bannis de 43 agglomérations. La FEDA demande une mise en place plus "progressive" pour que "l'offre de véhicules" moins polluants "soient accessibles à tous".

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Radio France
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Une vignette Crit'Air de niveau 5, apposée sur le pare-brise d'un véhicule dont le moteur diesel ne répond pas aux normes les plus récentes, à Lille (Nord), en 2019. (AURÉLIEN ACCART / FRANCE-INFO)

"Il va y avoir une grogne sociale sans précédent", alerte Mathieu Séguran, délégué général de la Fédération de la distribution automobile (FEDA), vendredi 18 novembre sur franceinfo au sujet des Zones à Faibles Emissions. D'ici 2025, le gouvernement souhaite bannir progressivement les véhicules les plus polluants dans 43 agglomérations. Dès le 1er janvier 2023, les véhicules Crit'Air 5 (véhicules diesel produits avant 2001) seront concernés. Mathieu Séguran, qui représente notamment les réparateurs, appelle le gouvernement "à revenir à la raison". 

franceinfo : Pourquoi êtes-vous contre les ZFE ?

Mathieu Séguran : On demande surtout aux pouvoirs publics de revenir à la raison. On est dans une situation complètement folle où on va demander aux gens de changer leurs véhicules qui ont souvent une valeur vénale de zéro et qui fonctionnent assez bien alors qu'ils n'en ont pas les moyens et que ce n'est pas nécessaire. On assiste aujourd'hui à une folie où on va dire aux gens "Changez votre véhicule, équipez-vous en véhicules hydrogène, hybrides", à des personnes qui n'ont pas les moyens de pouvoir changer de véhicule. On demande aux pouvoirs publics de revenir à la raison parce qu'on voit bien qu'aujourd'hui on va dans le mur.

L'enjeu écologique n'est-il pas une raison suffisante pour vous ?

Les automobilistes et les professionnels sont tout à fait prêts à verdir le parc. On est tout à fait conscient des enjeux écologiques, mais je crois qu'il faut aujourd'hui revenir à la raison. D'abord, la France n'émet que moins de 1% de la pollution dans le monde. Malgré ça, il faut effectivement faire des efforts, mais de manière raisonnée et surtout concertée. Aujourd'hui, les mesures qui sont là pour accompagner les Français en termes financiers sont quasi inexistantes.

Même si aujourd'hui des prêts à taux zéro sont mis en place, même si un leasing social est mis en place, ce n'est pas suffisant.

Mathieu Séguran

à franceinfo

Je prends l'exemple de la ZFE de Paris où les critères 3 devaient être interdits. D'abord en 2023, puis en 2024 et puis en 2025. On assiste à une reculade des pouvoirs publics parce qu'on se rend bien compte que les mesures sont insuffisantes et surtout qu'il va y avoir une grogne sociale sans précédent. Ce qu'on ne veut pas, c'est que ces ZFE deviennent des zones à forte exclusion.

Vous demandez au gouvernement de ralentir ?

On demande une transition progressive. On est dans la brutalité. Ça ne peut pas se faire dans la brutalité. On demande que cette mise en place des ZFE ne soit pas faite de manière brutale, mais qu'elle s'étende dans le temps pour qu'à la fois les professionnels et l'offre de véhicules soient accessibles à tous. Une petite voiture, par exemple une Twingo électrique, cela vaut 21 500 euros contre 13 500 euros pour son équivalent thermique. Pour des gens qui n'ont pas les moyens, ce n'est pas possible.

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