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Crise climatique : le manchot empereur classé comme espèce menacée

L’oiseau, qui compte aujourd’hui plus de 600 000 individus, subit de plein fouet les conséquences du changement climatique et son impact sur la banquise du Grand Sud. 

Article rédigé par Olivier Emond
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min
Un groupe de manchots empereur sur la banquise. (KEVIN SCHAFER / MAXPPP)

Pour le plus grand de tous les manchots, qui ne vit que sur le continent Antarctique, la banquise est une nécessité. "Il utilise la banquise pour se reproduire, c'est un oiseau qui y forme des colonies, explique Christophe Barbraud, directeur de recherche au CNRS et au Centre d'études biologiques de Chizé. Donc vous imaginez bien que, si jamais la banquise ne se forme plus ou casse de manière trop précoce à cause du réchauffement, tous les œufs ou les poussins vont mourir noyés dans l'eau de mer. Et ses proies sont également dépendantes de la présence de la banquise."

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Le manchot empereur, qui compte aujourd'hui plus de 600 000 individus, a été classé comme espèce menacée par l'autorité américaine en charge de la protection de la faune, le Fish and WildLife Service. D’après les modèles établis par les scientifiques, au rythme actuel du réchauffement de l’eau et de l’air, la quasi-totalité de l’espèce aura disparue en 2100. Même si la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre respectait l’accord de Paris, soit moins de deux degrés de hausse à la fin du siècle, certaines études estiment qu’entre un quart et la moitié des manchots disparaîtra avant 2050.

L'ours polaire a été la première espèce placée sur la liste

Ce classement parmi les espèces en danger, du fait du changement climatique, a valeur de rappel sur l’urgence à agir. "C'est un signal d'alerte sur l'impact du changement climatique sur les écosystèmes. Et comme nous, notre activité et notre civilisation dépendent du fonctionnement de ces écosystèmes, je pense qu'il y a de quoi s'interroger sur le sens de nos activités et de leur intensité", alerte Christophe Barbraud. En 2008, l’ours polaire avait été la première espèce placée sur cette liste des autorités américaines. Rejoint depuis par le phoque annelé, le phoque barbu et plus de vingt espèces de coraux…  

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