Climat : la transition énergétique est "trop lente", s'inquiète l'Agence internationale de l'énergie

Même si le secteur des énergies renouvelables est en plein essor, le pétrole, le gaz et le charbon forment toujours 80% de la consommation finale d'énergie, générant les trois quarts du dérèglement climatique, note l'AIE. 

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Un parc d'éoliennes en mer, à Ostende, en Belgique, le 30 septembre 2021.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Une double peine : s'il n'investit pas plus massivement et rapidement dans les énergies propres, le monde subira le réchauffement climatique, mais aussi des "turbulences" en matière d'approvisionnement, a prévenu l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Cette émanation de l'OCDE lance, mercredi 13 octobre, "de sérieux avertissements devant la direction que le monde prend", dans son rapport annuel publié à deux semaines de l'ouverture de la COP26 de l'ONU à Glasgow. "La transition est trop lente", s'inquiète-t-elle.

Batteries, hydrogène, véhicules électriques… Tous ces secteurs sont contrés par "la résistance du statu quo et des énergies fossiles", alors que pétrole, gaz et charbon forment toujours 80% de la consommation finale d'énergie, générant les trois quarts du dérèglement climatique, note le rapport.

"Les investissements dans des projets énergétiques décarbonés devront tripler dans les dix ans, pour la neutralité carbone à 2050."

Fatih Birol

directeur de l'Agence internationale de l'énergie

Le directeur de l'AIE, Fatih Birol, appelle les dirigeants présents à la COP26 à "faire leur part en faisant des années 2020 la décennie du déploiement massif des énergies décarbonées". Il l'assure : "Une nouvelle économie de l'énergie émerge, avec un potentiel de création de millions d'emplois." Or, "nous n'investissons pas assez pour répondre aux besoins futurs, et ces incertitudes nous préparent à une période volatile. La façon d'y répondre est claire : investir massivement et rapidement dans les énergies propres", poursuit-il. 

Eviter l'envol du prix de l'énergie

Alors que la crise du Covid-19 a stoppé les progrès de l'électrification, notamment en Afrique subsaharienne, le financement des pays émergents est un enjeu clé, alors qu'ils doivent s'équiper tout en évitant notamment les centrales à charbon. Or, les financements supplémentaires nécessaires "sont moins lourds qu'il n'y paraît", ajoute l'agence : 40% des réductions d'émissions "se paient d'elles-mêmes", par l'efficacité énergétique, la lutte contre les fuites de méthane ou les parcs solaires ou éoliens là où ces technologies sont déjà les plus compétitives, écrit l'AIE.

L'organisme rappelle qu'il est impératif d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 afin de limiter à 1,5 °C la hausse des températures moyennes dans le monde par rapport à l'ère préindustrielle. Cela "demandera des efforts majeurs mais offre des avantages considérables pour la santé comme pour le développement économique", dit l'AIE, alors que l'actuel déficit général d'investissement affecte non seulement le climat mais aussi les prix et l'approvisionnement. 

Sans ce virage stratégique mondial, "le risque d'une volatilité déstabilisatrice ne pourra que croître avec le temps", ajoute le rapport, qui insiste sur l'importance d'une transition "abordable pour tous les citoyens". 

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