Climat : il y a désormais 50% de risque que le réchauffement planétaire de 1,5 degré soit dépassé dans neuf ans, selon le Global Carbon Project

"Pour atteindre zéro émission de CO2 d'ici 2050, il faudrait vivre constamment comme en 2020, à l'époque des confinements liés au Covid", estime le dernier bilan du consortium international de chercheurs, Global Carbon Project.
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Radio France
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Des fumées s'échappent d'une zone industrielle à Chambéry (Savoie), en 2019. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Si les niveaux d'émissions actuels de gaz à effet de serre persistent, il y a désormais 50% de risque que le réchauffement planétaire de 1,5 degré soit dépassé dans neuf ans, alerte le Global Carbon Project dans son bilan annuel publié vendredi 11 novembre, alors que la COP 27 se tient jusqu'au 18 novembre à Charm-el-Cheikh (Égypte).

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Chaque année, ce consortium international de chercheurs dresse le bilan des émissions mondiales de CO2. Il s'avère cette année assez pessimiste. Les chercheurs assurent que "pour atteindre zéro émission de CO2 d'ici 2050, il faudrait maintenant diminuer les émissions d'environ 1,4 milliard de tonnes de CO2 chaque année" . Or, selon l'étude, ce niveau "est comparable à la baisse observée des émissions en 2020 en raison des confinements" liés à l'épidémie de coronavirus, "ce qui souligne l'ampleur de l'action requise".  

Des efforts en Chine et dans l'UE, l'Inde et les États-Unis mauvais élèves

Dans le détail, le Global Carbon Project prévoit que les émissions de gaz à effet de serre atteindront cette année "40,6 milliards de tonnes de CO2" . Un bilan poussé à la hausse par les émissions d'origine fossile "qui devraient augmenter de 1% par rapport à 2021 pour atteindre 36,6 milliards de tonnes de CO2" , soit un peu plus qu'avant la crise sanitaire. Les émissions de gaz à effet de serre liées au changement d'usage des terres, comme la déforestation, devraient quant à elles s'élever à 3,9 milliards de tonnes de CO2, selon les prévisions des chercheurs. Les émissions du charbon et du pétrole connaîtront aussi une hausse (+1 et +2,2% respectivement), due en grande partie par le rebond de l'aviation internationale, après la levée des restrictions sanitaires.  

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L'étude dresse par ailleurs un bilan "mitigé" des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre : les chercheurs du Global Carbon Project prévoient ainsi une diminution des émissions de gaz à effet de serre en Chine (−0,9%) et dans l'Union européenne (−0,8%), mais une hausse en Inde (+6%) et aux États-Unis (+1,5%).

"L'Indonésie, le Brésil et la République démocratique du Congo contribuent à 58% des émissions mondiales dues aux changements d'affectation des terres."

Global Carbon Project, bilan 2022

à franceinfo 

Face à ce constat, les chercheurs du Global Carbon Project appellent les dirigeants à "prendre des mesures significatives". "Si les gouvernements réagissent en stimulant les investissements dans les énergies propres et en plantant, et non en coupant des arbres, les émissions mondiales pourraient rapidement commencer à diminuer", assure Philippe Ciais, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement à l'Université Paris-Saclay.  

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