Ce ver tueur menace d'exterminer les escargots en Europe

Des spécimens du platydemus manokwari, originaires de Nouvelle-Guinée, ont été découverts dans le jardin des plantes de Caen (Calvados). Il s'agit d'une des espèces les plus envahissantes au monde.

Le ver platydemus manokwari est une espèce originaire de Nouvelle-Guinée. 
Le ver platydemus manokwari est une espèce originaire de Nouvelle-Guinée.  (PIERRE GROS / MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE / AFP)

Il ne mesure que 5 cm de long pour 5 mm de large mais il représente une menace pour la biodiversité en Europe. Une nouvelle espèce de ver plat, inconnue jusqu'ici sur le vieux continent, a été identifiée à Caen (Calvados). Et ce n'est pas une bonne nouvelle. Cet animal exotique, originaire de Nouvelle-Guniée, se nourrit d'escargots et de vers de terre. Les scientifiques qui ont fait cette découverte l'ont publiée mardi 4 mars dans la revue de biologie PeerJ.

"On sait de manière certaine que partout où le platydemus manokwari [nom du ver] s'est installé, il a détruit toute la faune d'escargots autour de lui", met ainsi en garde Jean-Lou Justine du Muséum national d'histoire naturelle de Paris. "Mais c'est pire que ça, parce qu'il va manger d'abord les escargots, puis après tout ce qui se trouve sur le sol et qui est mou, comme les vers de terre", poursuit ce spécialiste des vers plats.

Capable de suivre la piste des escargots

Classé dans la liste des 100 espèces exotiques les plus envahissantes au monde, ce ver a été introduit volontairement en Nouvelle-Guinée, en tant qu'agent biologique, pour contrôler des foyers d'un escargot ravageur. Il serait capable de suivre leurs "pistes", de monter aux arbres pour dénicher ses proies et même d'attaques grégaires "en bande organisée".

Pour les scientifiques qui ont fait cette découverte, il y a urgence à prévenir la prolifération de cette espèce. Il existe déjà un cas précédent d'envahissement du nord des îles britanniques par une autre espèce de ver plat, l'arthurdendyus triangulatus, venue de Nouvelle-Zélande. Il est responsable, selon les chercheurs, "d'importantes diminutions des populations de vers de terre", avec pour conséquence possible une baisse de la fertilité des sols.