"C'est un appel au futur et à l'action" : l'Islande honore son premier glacier fondu à cause du réchauffement climatique

Les scientifiques et chercheurs, qui dévoilent cette plaque commémorative, veulent alerter le monde sur la fonte des glaciers, due au changement climatique.

Vue aérienne du glacier Skaftafell, en Islande (illustration).
Vue aérienne du glacier Skaftafell, en Islande (illustration). (MICHAEL PORTILLO / ONLY WORLD)
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"Ce monument atteste que nous savons ce qu'il se passe et ce qui doit être fait", indique le texte écrit en lettres d'or, en islandais et en anglais. Cette plaque commémorative est dévoilée dimanche 18 août en Islande, à la mémoire de l'Okjökull, premier glacier de l'île à avoir perdu son statut à cause du réchauffement climatique. Le message conclut : "Vous seuls savez si nous l'avons fait."

Okjökull n’est en effet plus considéré comme un glacier car la glace, aujourd’hui quasi-inexistante, fondait plus vite qu’elle ne s’accumulait. La glace, qui recouvrait encore 16 km2 de surface en 1890, n'était plus que de 0,7 km2 en 2012, selon un rapport de l'université d'Islande publié en 2017. Le glacier a donc perdu son statut en 2014, une première sur l’île volcanique.

Plus de 400 autres massifs glaciaires également menacés

"C'est un appel au futur et même un appel à l'action, explique Cymene Howe, professeur d'anthropologie à l'université Rice, aux États-Unis, à l'initiative du projet. Je pense que l'utilisation du pronom 'vous' est un outil rhétorique très puissant, car il fait appel au lecteur et l'engage à agir."

C'est important de reconnaître que le changement climatique n'est pas quelque chose à venir, mais qui a déjà commencé.Dominic Boyer, professeur d'anthropologieà franceinfo

C'est la première commémoration dans le monde réalisée en l'honneur d'un glacier disparu à cause des changements climatiques. "C'est important de trouver des moyens de se connecter au monde dans lequel nous vivons aujourd'hui", analyse Dominic Boyer, professeur d'anthropologie à l'université Rice.

Comme Okjökull, les quelque 400 autres massifs glaciaires islandais devraient tous inexorablement subir le même sort, selon le glaciologue Oddur Sigurðsson : "L’inertie du système climatique est telle que, même si nous stoppions dès maintenant les rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, cela continuerait de se réchauffer pendant près de deux siècles avant d’atteindre son point d’équilibre."