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Bouches-du-Rhône : les habitants de Fos-sur-Mer sont surexposés à trois polluants industriels

Une étude s'interroge sur un éventuel "effet cocktail" de la pollution à trois polluants "typiques des émissions industriels". 

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Des plagistes profitent du soleil face à une raffinerie à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, le 21 juin 2017. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Les habitants de Fos-sur-Mer présentent une "surimprégnation" à trois polluants "typiques des émissions industrielles", selon l'étude Index de l'Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP), publiée lundi 28 mai. Les résidents sont surexposés au plomb, à deux furanes (des polluants rattachés aux dioxines) et au benzène.

L'étude, qui visait à établir le cheminement des polluants et les conditions dans lesquelles ils franchissent la barrière de l'organisme, a recherché la présence de 50 substances dans le sang et les urines des habitants de Fos-sur-Mer. Ces derniers sont particulièrement exposés à la pollution générée par l'activité industrielle de l'Etang de Berre, l'une des plus importantes zones industrielles d'Europe. Le test a porté sur 138 personnes âgées de 30 à 65 ans, réparties en deux groupes afin de pouvoir comparer les résultats : 80 habitants de Fos et 58 résidents d'une zone témoin (Saint-Martin-de Crau), située à 20 kilomètres, entre septembre et novembre 2016.

L'étude s'interroge sur un potentiel "effet cocktail"

Outre la surexposition à trois polluants liée à l'inhalation, l'étude montre que "le fait de jardiner dans la zone exposée entraîne des niveaux d'imprégnation supérieurs en PCB-DL par rapport à la même pratique en zone témoin". Les PCB sont considérés comme cancérigènes, comme le cadmium dont les taux se sont également révélés plus importants parmi les participants consommant des légumes produits dans un potager situé à Fos que chez ceux de la zone témoin. "Bien que les teneurs restent en dessous des seuils, la diversité des polluants présents pose toutefois la question de l'effet cocktail, encore mal connu par la recherche", amerte l'étude.

Des études atmosphériques ont également été menées, confirmant que la commune est plus exposée aux polluants que la zone témoin. La campagne de mesure des particules ultrafines menée entre août et novembre 2017 montre ainsi que Fos a enregistré 227 pics supérieurs à 30 000 particules par cm3, contre 63 pour la zone témoin. Les conséquences de cette exposition restent à étudier, prévient l'Institut, alors que la présence des particules ultrafines ne peut se doser dans l'organisme. Le plomb "pourrait être présent dans l'air sous forme de particules ultrafines, ce qui favoriserait son assimilation dans l'organisme par inhalation", avance toutefois l'IECP.

Une étude publiée en début d'année par l'association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF) avait déjà révélé que des polluants comme la dioxine, le PCB ou le plomb étaient présents à haute dose dans des aliments, notamment de la viande, produits dans la région de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer.

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