Le béluga égaré dans la Seine se trouve désormais dans une écluse et refuse de s'alimenter

La préfecture de l'Eure a fermé l'ouvrage hydraulique à la navigation.

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France Télévisions
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Le béluga aperçu au niveau de Courcelles-sur-Seine (Eure), le 5 août 2022. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Le béluga, repéré mardi dans la Seine, est entré dans une écluse à 70 km de Paris, vendredi 5 août. Cette situation représente un "risque de stress supplémentaire" pour ce cétacé, explique la présidente de l'ONG Sea Shepherd, Lamya Essemlali. L'écluse de Notre-Dame de la Garenne, près de Vernon, est désormais fermée et interdite à la navigation jusqu'à nouvel ordre, selon la préfecture de l'Eure.

Lamya Essemlali a déploré que "les tentatives de nourrissage dans le fleuve n'ont pour l'instant pas intéressé le béluga" mais qu'il reste un espoir que "ce soit différent dans l'écluse". Si le cétacé ne "réagit pas positivement, ça va devenir compliqué", a-t-elle poursuivi, en citant les vétérinaires spécialisés dans cette espèce protégée, qui vit habituellement dans les eaux froides. "Il faut agir vite, son état de maigreur étant très avancé, et le sortir de l'eau pour lui prodiguer des soins s'annonce très difficile."

Gérard Mauger, vice-président du Groupe d'Etude des Cétacés du Cotentin (GEEC) a continué d'observer le béluga. "Il a le même comportement qu'hier, très fuyant. Il fait de très courtes apparitions en surface, suivies de longues apnées." En s'approchant à une cinquantaine de mètres, "on a fait des enregistrements acoustiques, avec nos moteurs coupés, mais il n'a pas fait d'émissions sonores", a-t-il regretté.

Quatre embarcations étaient sur zone, selon Gérard Mauger : celle du Sdis (Service Départemental d'Incendie et de Secours), de l'OFB (Office français de la biodiversité), de Sea Shepherd et de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer).

Un précédent en 1948

Selon l'observatoire Pelagis, spécialiste des mammifères marins, il s'agit du second béluga vu en France après qu'un pêcheur de l'estuaire de la Loire en avait remonté un dans ses filets en 1948. En 1966, un autre individu avait remonté le Rhin jusqu'en Allemagne et en 2018, un béluga avait été observé dans l'estuaire de la Tamise en Angleterre.

"Ces cas d'errance restent inhabituels et inexpliqués, avec probablement des raisons multiples comme l'état de santé, l'âge (les subadultes se dispersant plus facilement), l'isolement social, les conditions environnementales, etc", poursuit l'observatoire.

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