Corse : la réserve naturelle de Scandola est en péril

La réserve naturelle de Scandola, en Corse-du-Sud, est un véritable havre de biodiversité, par ailleurs classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Elle est aujourd'hui menacée par la surfréquentation touristique. 3 millions de visiteurs s'y pressent chaque année. Les autorités tentent de réagir.

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C'est l'un des plus beaux endroits de Corse vu depuis la mer. Chaque jour, ils sont des centaines de visiteurs à prendre place à bord de bateaux de tourisme pour découvrir la réserve de Scandola (Corse-du-Sud). Ils peuvent admirer des roches volcaniques sculptées par les millénaires et des fonds marins d'une richesse incroyable. Un joyau naturel jalonné de grottes et de falaises impressionnantes, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Mais ce patrimoine est aujourd'hui menacé. Au cœur des préoccupations, certains poissons, comme le corb, mais surtout une espèce d'oiseau pratiquement disparue en France : le balbuzard pêcheur. En dix ans, le nombre de poussins arrivés à l'âge adulte s'est écroulé. Deux études se sont penchées sur la question et mettent en cause la fréquentation de la réserve.

Scientifiques et professionnels du tourisme sont au bras de fer

L'excursion en mer est un marché en pleine expansion. À Porto-Ota (Corse-du-Sud), l'un des ports de départ vers Scandola, il y en a pour tous les goûts. Pour se lancer, pas besoin d'autorisation. Chacun peut proposer sa propre excursion. En dix ans, le nombre d'embarcations a quadruplé, selon le maire du village, qui s'avoue complètement dépassé. Un ras-le-bol partagé par le conservateur de Scandola. Il y a quelques mois, la direction du parc a apporté son soutien au fonctionnaire, menacé de mort par des lettres anonymes après avoir dénoncé la surfréquentation de Scandola. Les bateaux ont dû faire des concessions. Chaque été, Dominique Pieri fait visiter la réserve aux touristes. Il explique avoir respecté cette saison une distance de 250 m entre son bateau et les nids. D'ici l'automne, le comité scientifique du parc devrait tirer le bilan des mesures adoptées cet été pour peut-être les reconduire, voire les renforcer. C'est donc un nouveau face-à-face qui s'annonce entre scientifiques et professionnels du tourisme.

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Oui, ce paysage paradisiaque est bien en France, et plus précisement en Corse du Sud. Les golfes de Porto, de Girolata et la calanche de Piana font de la réserve naturelle de Scandola un paysage de carte postale.   
Oui, ce paysage paradisiaque est bien en France, et plus précisement en Corse du Sud. Les golfes de Porto, de Girolata et la calanche de Piana font de la réserve naturelle de Scandola un paysage de carte postale.    (ROBERT PALOMBA / ONLY FRANCE / AFP)