VIDEO. Aires protégées, Mont-Blanc, habitations menacées par l'érosion... Le gouvernement annonce de nouvelles mesures écologiques

En amont du quatrième conseil de défense écologique, Emmanuel Macron et Elisabeth Borne ont dévoilé une série de mesures pour lutter contre le changement climatique et s'y adapter.

La ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, et le président de la République, Emmanuel Macron, le 27 juin 2018 à l\'Elysée.
La ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, et le président de la République, Emmanuel Macron, le 27 juin 2018 à l'Elysée. (JULIEN DE ROSA / AFP)
#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

Avec un Conseil de défense écologique mercredi 12 février puis une excursion jeudi sur la mer de Glace, dans les Alpes, Emmanuel Macron veut afficher un tournant vert. "Ce que l'on pensait éternel ne l'est pas. (...) Le combat contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité est un combat d'aujourd'hui", a déclaré le président de la République dans un entretien au Dauphiné Libéré.

A la sortie du Conseil de défense, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, a annoncé des mesures en faveur du climat, de l'écologie et de la biodiversité, enjeux des prochaines élections municipales.

Une extension des aires protégées

Emmanuel Macron l'avait déjà promis en mai 2019. Le gouvernement va confirmer l'extension des aires protégées, un terme générique qui renvoie à plusieurs catégories de zones – parc naturel, réseau Natura 2000, réserve naturelle – où les activités humaines sont plus ou moins limitées pour préserver l'environnement. "Le conseil de défense écologique va augmenter les aires protégées pour couvrir 30% de notre territoire par des classements en réserves naturelles, en parcs nationaux, en parcs naturels régionaux", a précisé le chef de l'Etat dans une interview au Dauphiné Libéré et aux quotidiens du groupe Ebra. Selon les chiffres du ministère de la Transition écologique et solidaire, ces zones, tous statuts confondus, couvrent aujourd'hui 29,5% des terres et 23,5% des eaux françaises. Après le conseil de défense, la ministre de la Transition écologique et solitaire, Elisabeth Borne a indiqué que cette extension se ferait d'ici 2022.

Une relocalisation si l'érosion menace

C'est le point principal de ces mesures. Le gouvernement veut "relocaliser" les logements menacés par l'érosion maritime. Rappelant que "sur une partie de notre territoire, comme en Vendée ou dans la Somme, le trait de côte recule de 50 cm à 1,5 m par an", la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, évoque, dans une interview au Parisien "une fourchette large de 5 000 à 50 000 habitations menacées par cette érosion du trait de côte, d'ici la fin du siècle".

Concrètement, "à moyen terme", "nous allons dire à des gens que leurs habitations sont menacées et qu'on peut leur proposer de les relocaliser dans un secteur protégé", poursuit la ministre. Les constructions nouvelles dans ces zones seront interdites. "On va accompagner les collectivités qui veulent engager ce genre de démarche. S'agissant des zones dont on sait qu'elles seront menacées à plus long terme, à savoir dans la seconde moitié du siècle, nous allons prévoir des constructions démontables", en modifiant le Code de l'urbanisme, développe-t-elle.

Pour financer ces relocalisations, la ministre a précisé que l'Etat garantirait "la capacité du 'Fonds Barnier' à couvrir les besoins". Le ministère de la Transition écologique et solidaire va également accompagner neuf sites, notamment à Marseille (Bouches-du-Rhone), Dax (Landes) et Vernon (Eure), pour réduire le risque d'inondations. "Une équipe d’architectes, d'urbanistes et d'ingénieurs va venir prêter main forte aux élus pour rendre des quartiers entiers plus résilients", a promis la ministre. Dans sept autres territoires, le ministère va aider à "recréer des dunes, des forêts, des prairies qui limitent l’érosion".

Un arrêté pour protéger le Mont-Blanc

Parmi les mesures annoncées, le massif du Mont-Blanc sera davantage protégé par l'entrée en vigueur d'un arrêté préfectoral de protection naturelle, qui renforcera les règles sur la fréquentation, notamment l'été. Les autorités ont également décidé de rendre obligatoire la réservation en refuge, pour lutter contre les bivouacs sauvages, interdits sur ce site classé. "C'est tout l'écosystème du Mont-Blanc qui est perturbé par trop de fréquentation", justifie Emmanuel Macron dans les colonnes du Dauphiné Libéré.

Ces derniers étés, plusieurs incongruités ou dégradations ont émaillé les ascensions du mont Blanc, qui culmine à 4 809 m : l'atterrissage d'un avion de tourisme non loin du sommet pour que deux alpinistes suisses n'aient plus qu'à gravir les derniers mètres, un Britannique qui avait monté un rameur mais pas réussi à le redescendre, des Lettons qui avaient tenté de monter un mât d'une dizaine de mètres pour y faire flotter leur drapeau...

Un plan pour les agents de l'Etat

Le Conseil de défense écologique a permis d'entériner un plan de 20 mesures pour les 2,4 millions d'agents de l'Etat. Comme l'a indiqué Elisabeth Borne sur franceinfo, un "forfait mobilité durable" doit être mis en place "dès juillet prochain à hauteur de 200 euros par an" afin de leur permettre, comme c'est déjà le cas dans les entreprises privées volontaires, d'être remboursés de leurs déplacements domicile-travail quand ils se déplacent à vélo ou en covoiturage. "On donne la possibilité aux agents de l'Etat d'être vraiment des acteurs de la transition écologique", a indiqué Elisabeth Borne. Jusqu'à présent, seuls les trajets en transport en commun, dans les grandes villes, étaient remboursés par les employeurs.

C'est logique que l'Etat s'applique à lui-même la transformation écologique du pays que l'on veut mener.Elisabeth Bornesur franceinfo

Ces mesures comprennent également l'interdiction de prendre l'avion quand les trajets sont possibles en train en moins de quatre heures sauf cas exceptionnel, comme "un déplacement à faire en urgence sur des enjeux de sécurité". Cette règle s'appliquera aussi aux ministres, a confirmé Elisabeth Borne. "Le président Emmanuel Macron va se convertir à une voiture hybride rechargeable, a poursuivi Elisabeth Borne. Moi, j'ai une voiture électrique et la règle, c'est que tous les ministres doivent passer aux voitures électriques ou hybrides rechargeables, au moment de renouveler les voitures."

Pour alimenter ces véhicules, 500 bornes supplémentaires de recharge pour véhicule électrique seront installées dans les sites de l'Etat d'ici fin 2021. A partir de mars, l'achat de nouvelles chaudières au fioul pour les bâtiments publics ou des travaux lourds de réparation sur ces équipements seront interdits. Enfin, autre mesure, l'interdiction à partir de juillet de tout objet en plastique jetable dans "tous les services de l'Etat".

Franceinfo est partenaire de la consultation "Agissons ensemble pour l'environnement" avec Make.org. Si vous souhaitez y participer, vous pouvez proposer vos idées et voter sur celle des autres participants dans le module ci-dessous.