Cet article date de plus de six ans.

A bord du bateau de Greenpeace qui chasse les dispositifs de concentration de poisson

Les dispositifs de concentration de poissons (DCP) sont une méthode de pêche légale mais particulièrement nuisible pour l'environnement selon Greenpeace. L'organisation écologiste mène en ce moment une campagne dans l'océan Indien contre ces DCP. Embarquement à bord.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
  (Le bateau de Greenpeace au milieu de l'Océan Indien © RF/ Ariane Griessel)

Difficile d'apercevoir les dispositifs de concentration de poisson en plein océan Indien. Ces radeaux mesurent moins de deux mètres sur deux, flottent un peu sous la surface, et ne sont visibles que grâce à la balise et la bouée qui les accompagnent. Des objets discrets mais particulièrement nuisibles. Selon Greenpeace : pour une raison encore inexpliquée, les poissons s'agglutinent sous les DCP. Il suffit ensuite aux immenses thoniers qui sillonnent la région de passer avec un filet pour ramasser le tout.

A bord du bateau de Greenpeace qui chasse les dispositifs de concentration de poisson - reportage Ariane Griessel
écouter
  (Un DCP repêché par Greenpeace dans l'Océan Indien © RF/Ariane Griessel)

La méthode n'a rien d'illégal, mais, pour François Chartier, responsable de la mission sur le thon tropical chez Greenpeace, elle provoque d'importants dégâts sur l'environnement : "Quand les thoniers attrapent le banc de thons, il y a en même temps d'autres espèces, qui sont des espèces non ciblées. Ce que l'on a le plus vu, par exemple, ce sont des requins. L'autre problème, ce sont des captures très importantes de juvéniles, notamment dans une espèce qui est très consommée en France, qui est le thon albacore. "

Alors que neuf Français sur dix ont chez eux au moins une boîte de thon, il est fort probable que le poisson ait été pêché dans ces conditions. Dans sa campagne, Greenpeace dénonce la pratique du groupe mondial Thaï Union, propriétaire, entre autre, de la marque française Petit Navire, qui représente 30% du marché français. L'organisation écologiste avait l'an passé classé les marques de thon en fonction de leurs techniques de pêche. Cette année, Greenpeace a donc décidé de sillonner une partie de l'Océan indien entre Madagascar et les Seychelles, afin de récolter un maximum de DCP qui flottent dans la région (il y en aurait autour de 15.000, même s'il est difficile d'évaluer le nombre précis de ces radeaux).

  (Des requins attirés par un DCP © Will Rose/Greenpeace)

La pêche par DCP n'est, en soi, pas nouvelle : depuis toujours, les pêcheurs savent que les poissons s'accumulent sous des objets flottants, des bouts de bois aux cadavres de cétacés. Mais Greenpeace dénonce aujourd'hui l'intensification de cette technique, à grand renfort de technologie, notamment via les balises accrochées aux radeaux : "Non seulement elles indiquent leur position et peuvent allumer leur lumière la nuit, mais elles peuvent signaler quel type de poisson se trouve sous le DCP"  explique Frank, militant Greenpeace.

*"On a largement basculé vers une méthode de pêche industrielle extrêmement agressive, qui ne peut pas être durable"

"La pêche au DCP est l'une des moins impactantes [sur l'environnement NDLR] affirme de son côté Amaury Dutreuil, directeur général de Petit Navire. Elle a en plus devant elle certain nombre de chantiers ouverts qui vont lui permettre de réduire encore ces impacts-là ."

La marque s'est engagée à limiter à 250 le nombre de DCP par bateau et à former les équipages afin qu'ils rejettent à l'eau vivants les poissons qui appartiennent à des espèces menacées. Il semble toutefois difficile d'imaginer un tri complet, quand on sait que certains filets mesurent jusqu'à cinq kilomètres de long. A cela s'ajoute les nombreux DCP abandonnés dans l'océan et auxquels restent accrochés des morceaux de plastique, de métal et les éléments électroniques des balises.

 

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Environnement

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.