13e édition du "Jour de la nuit" : l'association Agir pour l'environnement "réclame l'interdiction des panneaux lumineux" en ville

Selon l'association, la pollution lumineuse a des conséquences poiur les personnes qui y sont exposées, notamment sur leur sommeil. Il s'agit donc d'une question de santé mais aussi d'environnement et d'économie.

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Radio France
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A Paris, des militants éteignent les panneaux lumineux en appuyant sur l'interrupteur à l'aide d'un bâton, afin d'économiser l'énergie. (SEVERINE CARREAU / HANS LUCAS)

"On réclame l'interdiction des panneaux lumineux" en ville, "qui ne servent strictement à rien", a déclaré ce samedi 9 octobre sur franceinfo Stephen Kerckhove, délégué général de l'association Agir pour l'Environnement, à l'occasion de la 13e édition du "Jour de la nuit". 700 animations sont programmées pour cette manifestation nationale de sensibilisation à la pollution lumineuse et à la protection de la biodiversité nocturne.

franceinfo : Les habitants des villes, en particulier, vivent dans la lumière en permanence. Cela a-t-il des conséquences sur notre santé ?

Stephen KerckhoveEn juin 2021, l'Académie nationale de médecine a demandé aux pouvoirs publics de classer l'exposition à la lumière artificielle dans la liste des agents perturbateurs endocriniens. Donc on sait aujourd'hui que cette pollution lumineuse finit par avoir des conséquences, tant sur la capacité de bien dormir que sur la sécrétion de mélatonine. Cela dérègle évidemment notre horloge biologique, mais pas seulement la nôtre. La plupart des vertébrés et invertébrés sont exclusivement ou partiellement nocturnes, et on a tendance à dire que l'éclairage nocturne est un second insecticide que l'on ne voit pas. Par exemple, une étude a montré que les prairies soumises à la pollution lumineuse enregistrent une baisse de 62% des visites des pollinisateurs.

"Ces vingt dernières années, la lumière artificielle a augmenté de 84%"

Stephen Kerckhove, Agir pour l'Environnement

à franceinfo

L'éclairage public a aussi un coût. Faut-il imposer des restrictions encore plus strictes aux collectivités ?

On a 11 millions de points lumineux pour l'éclairage public et 3,5 millions d'enseignes publicitaires. Et ça ne fait que croître d'année en année, malgré le fait que la sensibilisation va croissante. Donc on réclame vraiment une interdiction de ces panneaux lumineux qui ne servent strictement à rien, et qui continuent d'être allumés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. En éteignant, on à la fois un impact écologique et économique : 41 % de de la facture électrique des communes est liée à l'éclairage public. Une ville comme Mérignac (Gironde), qui a 66 000 habitants, a gagné 170 000 euros en jouant sur l'éclairage public.

Les nouveaux types d'éclairages, comme la LED, font-ils partie de la solution contre la pollution lumineuse ?

C'est tout le paradoxe de cette volonté de prendre en compte la lutte contre la pollution lumineuse, et de la remplacer par une solution technique qui finalement, fait pire que mieux. Il faut vraiment réduire l'éclairage nocturne, en éteignant autant que faire se peut les luminaires, et éventuellement essayer de trouver d'autres solutions après. Mais là, on a un peu tendance à avoir des collectivités qui, pour ne surtout pas éteindre les lumières, choisissent une autre option qui n'a pas démontré son efficacité.

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