Elections en Biélorussie : près de 3 000 arrestations et des dizaines de manifestants blessés

L'ONG Viasna affirme également que la répression des manifestations a fait un mort, ce que dément le ministère de l'Intérieur biélorusse.

Des policiers emmènent un manifestant, le 9 août 2020, à Minsk.
Des policiers emmènent un manifestant, le 9 août 2020, à Minsk. (SIARHEI LESKIEC / AFP)

La situation est tendue en Biélorussie. Les autorités ont annoncé, lundi 10 août, la victoire écrasante de l'autoritaire Alexandre Loukachenko à l'élection présidentielle, après une nuit marquée par la répression violente de manifestations. De son côté, l'opposition dénonce des fraudes.

Le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 26 ans, a, selon les résultats officiels, remporté un sixième mandat avec 80,23% des voix, devant l'opposante Svetlana Tikhanovskaïa (9,9%). Cette dernière a rejeté lundi les résultats. "Je me considère vainqueure de ces élections", a-t-elle déclaré devant la presse, appelant Alexandre Loukachenko à quitter le pouvoir.

Une utilisation "disproportionnée" de la force

Dimanche soir, des milliers de Biélorusses sont descendus dans les rues du pays peu après la publication d'un sondage officiel donnant le président sortant largement vainqueur. Selon l'ONG de défense des droits humains Viasna, la répression des manifestations à Minsk a fait un mort et des dizaines de blessés. Selon l'organisation, "un jeune homme a subi un traumatisme crânien mortel après avoir été heurté par un véhicule" sur l'avenue des Vainqueurs, dans le centre de Minsk. 

"Nous n'avons pas de morts", a affirmé une porte-parole du ministère de l'Intérieur, Olga Tchemodanova. Ailleurs dans le pays, des manifestations nocturnes ont aussi eu lieu, notamment à Brest, Pinsk, Gomel ou Grodno, selon des médias antigouvernementaux, comme Nexta, Nacha Niva ou Tut.by. Par ailleurs, les communications étaient très perturbées dans le pays, les connexions internet y étant extrêmement ralenties voire coupées. Des médias d'opposition ont dénoncé une mesure délibérée du pouvoir.

"Au total, à travers le pays environ 3 000 personnes ont été arrêtées (...) au cours de heurts, plus de 50 citoyens et 39 policiers ont été blessés, certains sont hospitalisés", a déclaré le ministère dans un communiqué, faisant état de manifestations nocturnes "non-autorisées" dans 33 villes et localités du pays.

Ales Bialiatski, qui dirige l'ONG Viasna, a dénoncé une utilisation "disproportionnée" de la force par la police.