Des islamistes ont une nouvelle fois détruit des mausolées à Tombouctou

Pour la troisième journée consécutive, à Tombouctou, dans le nord du Mali, des combattants islamistes d'obédience salafiste ont détruit hier de nouveaux mausolées et tombeaux de saints musulmans considérés comme hérétiques par ces tenants de l'islam des origines.

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Ces exactions sont condamnées tant par le gouvernement central de Bamako, impuissant, que par l'Unesco et la France, ancienne puissance coloniale.ers une intervention militaire ?

Les auteurs de ces exactions appartiennent à AnsarDine. Ce groupe islamiste armé lié à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s'est emparé du nord du Mali avec l'aide des rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) en profitant de la confusion qui a suivi le coup d'Etat militaire du 22 mars contre le président élu Amadou Toumani Touré.
Ses éléments ont notamment brisé hier la porte, censée rester close jusqu'à la fin du monde d'après les croyances locales, de la mosquée de Sidi Yaha, dont la construction remonte au XVe siècle.
Les hommes d'Ansar Dine ont jusqu'ici détruit la moitié des 16 mausolées que compte Tombouctou, en plus d'un certain nombre de sépultures de saints locaux.
        
Visiblement, ils ont agi en représailles à la décision, prise jeudi, de classer ces monuments au Patrimoine mondial en péril de l'Organisation des Nations unies pour la science, la culture et l'éducation (Unesco).
Ansar Dine, qui veut instaurer la "charia" (loi coranique) au Mali, estime que les mausolées érigés par les musulmans d'obédience soufiste relèvent d'une idolâtrie bannie par l'islam.  

Vers une intervention militaire ?

Les séparatistes touaregs ont proclamé l'indépendance des deux tiers nord du Mali, mais les djihadistes ont récusé l'initiative et se sont engagés à poursuivre leur combat pour l'instauration de la charia dans tout le pays. Mieux armés, ces derniers ont désormais pris le dessus.

Située en bordure du désert, à un millier de kilomètres au nord-est de Bamako, Tombouctou est inscrite au Patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1988.

L'Union africaine a invité début juin le Conseil de sécurité de l'Onu à autoriser une intervention militaire pour rétablir l'ordre dans le Nord, mais les Etats membres ont réclamé des précisions.  Le Nigeria, le Niger et le Sénégal se sont dits prêts à fournir l'essentiel de la force de 3.300 hommes qui pourrait y être déployée.