Des dizaines de milliers de personnes ont célébré dimanche à Beyrouth l'assassinat il y a 5 ans de l'ex-Premier ministre

La pression internationale au moment de sa mort, couplée à un important mouvement de protestation populaire, avait entrainé l'arrivée au pouvoir d'une coalition pro-occidentale et le retrait des troupes syriennes après 29 ans de présence au Liban.La responsabilité de la Syrie a été évoquée dans l'attentat qui a conduit à la mort de Rafic Hariri.

Libanais manifestant à l\'occasion du 5e anniversaire de la mort de l\'ex-premier ministre Rafic Hariri
Libanais manifestant à l'occasion du 5e anniversaire de la mort de l'ex-premier ministre Rafic Hariri (AFP - JOSEPH EID)

La pression internationale au moment de sa mort, couplée à un important mouvement de protestation populaire, avait entrainé l'arrivée au pouvoir d'une coalition pro-occidentale et le retrait des troupes syriennes après 29 ans de présence au Liban.

La responsabilité de la Syrie a été évoquée dans l'attentat qui a conduit à la mort de Rafic Hariri.

Saad Hariri, fils de l'ex-Premier ministre, dirige cette coalition (dite "du 14 mars"', en référence à une journée d'énormes manifestations anti-syriennes) soutenue par l'Occident. Mais ce qui ne simplifie pas les choses, il est aussi le chef d'un gouvernement d'union nationale comprenant l'ancienne opposition emmenée par le Hezbollah, et soutenue par la Syrie et l'Iran.

La majorité, qui peut se targuer de deux victoires électorales, a cependant subi un coup avec la défection du dirigeant druze Walid Joumblatt, jadis critique virulent de Damas, qui s'est rapproché en 2009 du camp dirigé par le Hezbollah.

Dans le même temps, la Syrie est sortie de son isolement international. Elle connaît un réchauffement de ses relations avec les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, les principaux soutiens de Saad Hariri. De plus, la visite du Premier ministre en décembre en Syrie, alors qu'il l'avait ouvertement accusée du meurtre de son père, a été perçue par certains comme un signe de l'essouflement du mouvement du 14 mars.

"Où est mon vote, le 14 mars n'arrête pas de le donner à la minorité?", se plaint Alia Souhaid, une manifestante qui brandit, comme le font les opposants iraniens, une banderole verte avec l'inscription "où est mon vote ?".

Des partisans du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt ont fait le déplacement. "On est venu même si notre parti n'a pas annoncé sa participation", excplique Bilal Abi Rafeh, venu de Rachaya (est). "Le 14 mars est avant tout un mouvement populaire", estime l'ancien député Elias Atallah, un de ses dirigeants. "Il y a toujours un certain nombre d'objectifs qui n'ont pas été atteints, à savoir la détention exclusive des armes par l'armée, la création d'institutions étatiques stables et souveraines et la garantie que le tribunal puisse poursuivre son travail", ajoute-t-il.

La majorité appelle le Hezbollah à rendre ses armes, comme le prévoit la résolution du conseil de sécurité de l'ONU ayant mis fin à la guerre avec Israël à l'été 2006. Créé en 2007, le tribunal spécial pour le Liban est chargé de juger les auteurs présumés de l'assassinat de Rafic Hariri et de sept autres personnalités anti-syriennes. Une commission d'enquête de l'ONU avait conclu à des "preuves convergentes" mettant en cause les renseignements syriens et libanais. La Syrie a toujours nié toute implication dans ces assassinats.