Ski en Corée du nord: quand le dictateur songe au bonheur de son peuple

Si vous rêvez de skier sur des pistes désertes, la Corée du Nord est faite pour vous. l’unique station du pays est presque vide. En fait, née de la volonté de Kim Jong-un, elle anticipe une future offre touristique qui semble bien utopique dans le contexte actuel. Mais ici, tout le monde doit vénérer l’esprit visionnaire du dictateur.

Sports d\'hiver en Corée du Nord.
Sports d'hiver en Corée du Nord. (Ed JONES / AFP)

Il y a, selon Skiresort, 21 domaines skiables et plus de 200 km de pistes en Corée du Sud. D’ailleurs, le pays a obtenu l’organisation des jeux Olympiques d’hiver de 2018 à Pyeongchang, confortant ainsi son statut de pays de sports d’hiver. De quoi énerver son voisin du Nord qui, en ce domaine aussi, n’entend pas rester à la traîne.

Alors, le «Grand soleil du XXIe siècle» a une nouvelle fois été à la hauteur de sa réputation. «Ce génie des génies» a lancé la construction de la station de Masikryong. «Un projet national grandiose»: neuf pistes d’un dénivelé de 700 m. «L'œuvre du Cher dirigeant Kim Jong-un qui a dédié son dur labeur, son cœur et son âme pour que notre peuple soit le plus heureux et le plus civilisé», comme il a été gravé dans la pierre, sur une plaque commémorative.
 
On nous dit que «le grand successeur de la cause révolutionnaire du Juche» s’est déplacé 144 fois pour vérifier la bonne avancée des travaux, et prodiguer ses conseils avisés...

Les rares skieurs dévalent tout schuss les pistes. La station est déserte, rapporte le journaliste de l’AFP. Car les Nord-Coréens découvrent le ski, une activité, il faut dire, assez éloignée de leurs préoccupations au quotidien. Ici, 40% de la population est sous-alimentée.

Mais à l’école de ski, les skieurs novices mettent les bouchées doubles pour apprendre vite et «répondre à l’amour et à l’attention que le Maréchal a porté à son peuple». Ils ne prêtent aucune attention aux commentaires ironiques d’internautes mal intentionnés.
 
Certains prêtent à Pyongyang des ambitions touristiques, selon un cliché qui voudrait qu’un pays prospère doit se doter d’une station de ski. C’est peut-être ce que Kim Jong-un a retenu lors de ses études en Suisse. Le ski rend heureux, comme il l’a constaté à Gstaad ou à Saint-Moritz…
 
Petite ombre à ce tableau idyllique, le forfait journalier coûte 30 dollars. Un mois de salaire pour un ouvrier nord-coréen. A ce prix, il a sûrement d’autres priorités que «le planté de bâton».