La Corée du Nord a tiré trois nouveaux missiles balistiques non identifiés, selon l'armée sud-coréenne

D'après Séoul, le régime de Pyongyang a lancé jeudi trois nouveaux projectiles, dont un missile balistique intercontinental, au lendemain d'une salve record de tirs qui a porté à son comble la tension dans la région.

Des riverains regardent des images d\'archives d\'un essai de missile nord-coréen, dans une gare de Séoul (Corée du Sud), le 2 novembre 2022. 
Des riverains regardent des images d'archives d'un essai de missile nord-coréen, dans une gare de Séoul (Corée du Sud), le 2 novembre 2022.  (KOJI ITO / YOMIURI)

Selon l'état-major interarmées sud-coréen, trois projectiles – deux missiles à courte portée suivis d'un missile balistique intercontinental (ICBM) – ont été lancés, jeudi 3 novembre, par le régime de Pyongyang en direction de la mer du Japon. "Le lancement d'un ICBM par la Corée du Nord s'est vraisemblablement soldé par un échec" pendant la séparation du deuxième étage de la fusée, a affirmé l'armée sud-coréenne.

D'après cette dernière, ce missile intercontinental a parcouru 760 km à une altitude maximale de 1 920 km et à la vitesse de Mach 15 (15 fois la vitesse du son). Les deux autres missiles ont parcouru environ 330 km à Mach 5 et à une altitude maximale de 70 km. Les sirènes d'alerte aérienne ont retenti pour le deuxième jour consécutif dans l'île sud-coréenne d'Ulleungdo, située à 120 km à l'est de la péninsule coréenne, ont rapporté les médias locaux.

"Un outrage qui ne peut être toléré"

"Le barrage continu de missiles jour après jour est un outrage et ne peut être toléré", a déclaré jeudi le Premier ministre japonais, Fumio Kishida. Ce lancement "souligne la nécessité pour tous les pays d'appliquer pleinement les résolutions du Conseil de sécurité" sanctionnant la Corée du Nord, a affirmé de son côté le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price. Le 4 octobre, un missile balistique nord-coréen avait survolé le Japon pour la première fois en cinq ans.

Mercredi, la Corée du Nord avait déjà tiré 23 missiles, dont l'un avait franchi la "Ligne de limite du Nord" (NLL) qui prolonge en mer la frontière terrestre intercoréenne, tout en restant dans les eaux internationales. Elle avait ensuite effectué une centaine de tirs d'artillerie près de la frontière intercoréenne à l'est de la péninsule. Le Sud avait riposté en lançant trois missiles en mer, près de la zone où avait amerri l'un des projectiles du Nord.

Selon l'armée sud-coréenne, c'était la première fois depuis la fin de la guerre de Corée en 1953 qu'un projectile nord-coréen terminait sa course aussi près des eaux territoriales du Sud.

Des couloirs aériens fermés au-dessus de la mer du Japon

Le président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, a estimé mercredi que ces tirs constituaient "une invasion territoriale de fait". Les autorités du Sud ont fermé plusieurs couloirs aériens au-dessus de la mer du Japon pour "assurer la sécurité des passagers des lignes vers les Etats-Unis et le Japon".

Cette démonstration de force par Pyongyang intervient au moment où la Corée du Sud et les Etats-Unis mènent les plus importants exercices aériens de leur histoire dans la région. La Corée du Nord considère ce type de manœuvre comme une répétition générale à une future invasion de son territoire.