Corée du Nord : Kim Jong-un reconnaît des "défaillances" économiques, et convoque un congrès exceptionnel

"Les objectifs [fixés en 2016] visant à améliorer la situation économique du pays ont été sérieusement retardés" et le niveau de vie ne s'est pas "considérablement amélioré", a reconnu le dirigeant d'un des régimes les plus répressifs au monde.

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Le leader de la Corée du Nord Kim Jong-un lors d'une session plénière du Parti des travailleurs à Pyongyang, le 19 août 2020, sur une image publiée par l'agence officielle nord-coréenne. (KCNA VIA KNS / AFP)

Un rare aveu que tout ne va pas pour le mieux en Corée du Nord : le leader du pays, Kim Jong-un, a reconnu des "défaillances" sur le plan politique, dans la conduite des objectifs économiques du régime, selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA jeudi 20 août. Il a annoncé la convocation en janvier d'un congrès exceptionnel du Parti des travailleurs, le premier depuis 2016.

Lors d'une session plénière du Parti des Travailleurs, le dirigeant "a évoqué les défaillances et accomplissements" du régime, selon l'agence officielle. En des termes d'une rare franchise, cette session a conclu que "les objectifs [fixés en 2016] visant à améliorer la situation économique du pays ont été sérieusement retardés" et que le niveau de vie ne s'est pas "considérablement amélioré".

L'économie nord-coréenne est notamment sous le coup de multiples sanctions de la communauté internationale, imposées par le Conseil de sécurité de l'ONU pour contraindre Pyongyang à renoncer à ses programmes nucléaires et balistiques, qui ont connu une avancée rapide sous la direction de Kim Jong-un. La Corée du Nord, dirigée par un des régimes les plus répressifs de la planète (le pays est parsemé de camps de travail pour les opposants), est par ailleurs exsangue. Son agriculture est notamment sinistrée et la population souffre régulièrement de famine.

Une façon de justifier un échec ?

Selon Hong Min, analyste à l'Institut coréen pour l'unification nationale interrogé par l'AFP, l'aveu nord-coréen "visait à justifier l'échec attendu du régime à atteindre les objectifs économiques qu'il s'était auparavant fixés".

Le choix d'organiser le congrès exceptionnel en janvier peut être interprété comme un message envoyé aux Etats-Unis, ajoute-t-il, puisque c'est à ce moment que sera investi le vainqueur de l'élection présidentielle américaine de novembre. 

Les relations entre Washington et Pyongyang sont au point mort depuis l'échec en février 2019 du deuxième sommet à Hanoï entre Donald Trump et Kim Jong-un. Ils n'étaient pas parvenus à s'entendre sur le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen en échange d'une levée des sanctions économiques internationales.

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