Une enquête met en cause la directrice du FMI, accusée de pressions pour ménager Pékin

Kristalina Georgieva est accusée d'avoir fait pression sur ses subordonnés pour plaire à Pékin lorsqu'elle était en poste à la Banque mondiale.

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La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, le 18 mai 2021 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

C'est une affaire embarrassante pour le Fonds monétaire international. Sa directrice générale, Kristalina Georgieva, a fait pression en 2017 pour modifier un rapport de la Banque mondiale, où elle était en poste à l'époque, afin de ménager la Chine, affirme une enquête indépendante commandée par l'institution internationale et rendue publique jeudi 16 septembre. L'intéressée s'est dite "en désaccord" avec les conclusions de cette investigation, dont les auteurs ont interrogé plusieurs dizaines d'employés, actuels et anciens, et passé au crible 80 000 documents.

Face à ces révélations, la Banque mondiale a annoncé qu'elle arrêtait la publication de son rapport annuel "Doing Business" – c'est celui pour 2018 qui est ici incriminé. Elle a dit travailler sur une "nouvelle approche pour évaluer le climat des affaires et des investissements". Ce rapport établit un classement des pays au climat le plus favorable à l'activité économique et aux affaires, en fonction de plusieurs paramètres. En 2017, la Chine avait assez peu apprécié sa 78e place dans le rapport "Doing Business" de la Banque.

Des pressions pour assurer un meilleur classement à la Chine

Pour lui éviter de dégringoler encore dans le classement de l'année suivante et obtenir sa signature dans des négociations sensibles, la Banque mondiale a employé les grands moyens, selon une enquête du cabinet d'avocats WilmerHale, mandaté par le comité d'éthique de l'institution. Il en ressort que des "pressions, directes et indirectes", ont été exercées par de hauts responsables du bureau du président Jim Yong Kim – "vraisemblablement à la demande" de ce dernier – pour modifier le classement de la Chine.

Peu avant la publication de l'édition 2018, Kristalina Georgieva, à l'époque directrice générale de la Banque mondiale, a selon l'enquête demandé l'adaptation de la méthodologie et la modification des critères. Elle aurait réprimandé un haut responsable de l'institution pour "avoir mal géré les relations de la Banque avec la Chine et ne pas avoir apprécié l'importance du rapport 'Doing Business' pour le pays", selon l'enquête. Sous la pression, ses équipes auraient alors modifié certaines données, et permis à la Chine de conserver sa 78e place au lieu de chuter à la 85e. Le responsable initialement réprimandé, lui, a été félicité pour avoir "fait sa part du travail pour le multilatéralisme".

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