Travail forcé des Ouïghours en Chine : ouverture d’une enquête en France pour "recel de crimes contre l’humanité" visant quatre géants du textile

Cette enquête ouverte au pôle "crimes contre l'humanité" du Parquet national antiterroriste (Pnat) fait suite à une plainte déposée début avril à Paris par l'association anti-corruption Sherpa, le collectif Ethique sur l'étiquette et l'Institut ouïghour d'Europe. 

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La justice française a ouvert une enquête pour "recel de crimes contre l'humanité" visant quatre géants du textile, dont Inditex et Uniqlo, accusés d'avoir profité du travail forcé de Ouïghours en Chine.  (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour "recel de crimes contre l’humanité" visant quatre géants du textile, dont Uniqlo, soupçonnés d’avoir profité du travail forcé de Ouïghours, minorité majoritairement musulmane, en Chine, a appris franceinfo de source judiciaire jeudi 1er juillet, confirmant une information de Mediapart.

Cette plainte déposée début avril vise les sociétés Uniqlo France, Inditex (marques Zara, Bershka etc), SMCP (Sandro, Maje, de Fursac) et le chausseur de sport Skechers. Elle a été déposée début avril à Paris par l'association anti-corruption Sherpa, le collectif Ethique sur l'étiquette, l'Institut ouïghour d'Europe (IODE) ainsi qu'une Ouïghoure ayant été internée dans la province du Xinjiang (nord-ouest de la Chine) qui accusent ces quatre multinationales de "recel de travail forcé et de crimes contre l’humanité", dans un communiqué publié le 9 avril.

Le pôle "crimes contre l'humanité" saisi

Les géants de l’habillement profitent-ils du travail forcé de Ouïghours en Chine ? Les vêtements et chaussures de ces grandes marques ont-il été fabriqués dans des usines où des Ouïghours ont été soumis au travail forcé ? Questions auxquelles va tenter de répondre l'enquête ouverte au pôle "crimes contre l'humanité" du Parquet national antiterroriste.

Les associations estiment également que les sociétés visées ne justifient pas d'efforts suffisants pour s'assurer que leurs sous-traitants ne sont pas impliqués dans les persécutions des Ouïghours. Des ONG accusent Pékin d'avoir interné, depuis 2017, plus d'un million d'entre eux dans des centres de rééducation politique. Le régime communiste dément ce chiffre.

L'ouverture d'une enquête "historique"

L’ouverture de cette enquête est "historique", a réagi le député européen Raphaël Glucksmann sur Twitter. Il s'est montré très critique envers les autorités chinoises à propos de leur traitement des Ouïghours. Selon lui, cette enquête est ouverte contre des géants du textile "parce que leurs produits sont fabriqués par des esclaves Ouïghours". Raphaël Glucksmann estime donc que la plainte déposée par les ONG est "recevable" et que "c’est énorme".

Ces multinationales "risquent des amendes record et des poursuites pénales. Le message envoyé est clair", ajoute le fondateur du parti Place publique. Ces entreprises "ont longtemps été au-dessus des lois. Nous allons leur montrer que le droit s’applique à tous, même aux plus puissants et aux plus riches. Cette enquête est un moment-clé d’un combat plus vaste. Une autre étape cet automne : le devoir de vigilance européen", a -t-il écrit sur Twitter. Sanctionnée par l'Europe, la Chine avait, en mars dernier, interdit l'entrée sur son territoire à dix personnalités européennes, dont Raphaël Gluksmann.

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