VIDEO. A Hong Kong, des manifestants font irruption dans l'hémicycle du Parlement après six heures de siège

Les manifestants sont parvenus à rentrer dans l'hémicycle, où ils ont notamment déployé un drapeau de l'époque coloniale britannique.

FRANCEINFO

Des manifestants hostiles au gouvernement pro-Pékin de Hong Kong ont envahi l'hémicycle du Parlement local après avoir forcé un barrage de police, lundi 1er juillet. Ils ont notamment déployé le drapeau de l'époque coloniale britannique à la tribune du conseil législatif (LegCo). Les portraits de la mégapole ont été arrachés et les murs ont été maculés de graffitis à la peinture noire. De nombreux journalistes se trouvaient sur place.

Un manifestant tague l\'emblème actuel de Hong Kong à l\'intérieur de l\'hémicycle, lundi 1er juillet 2019. 
Un manifestant tague l'emblème actuel de Hong Kong à l'intérieur de l'hémicycle, lundi 1er juillet 2019.  (PHILIP FONG / AFP)

"Il n'y a pas d'émeutiers violents, juste de la tyrannie", pouvait-on aussi lire sur une banderole déployée par les protestataires. Auparavant, des dizaines de personnes casquées et masquées avaient brisé les baies vitrées blindées du bâtiment à l'aide de barres de fer et d'objets divers, le tout après un siège de six heures. Les forces de l'ordre se trouvant à l'intérieur avaient auparavant fait usage de gaz poivre pour les repousser, avant de se replier sous la pression de la foule.

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Après l'irruption des manifestants dans l'hémicycle, la police de Hong Kong a aussitôt intimé l'ordre aux manifestants de se retirer, menaçant dans le cas contraire de faire usage de la "force nécessaire". Le gouvernement a également dénoncé l'"extrême violence" des manifestants.

Un texte visant à autoriser les extraditions a mis le feu aux poudres

Cet assaut du Parlement rompt avec le caractère jusque-là largement pacifique des manifestations qui secouent l'île depuis plusieurs semaines. Celles-ci avaient été lancées initialement en réaction à un projet de loi du gouvernement visant à autoriser les extraditions en Chine continentale. Le texte, désormais suspendu, a précipité des foules immenses dans les rues, jusqu'à deux millions le 16 juin selon les organisateurs, sur une population totale de 7 millions d'habitants.

Des dizaines de milliers de manifestants ont marché dans le centre-ville de Hong Kong, lundi 1er juillet 2019.
Des dizaines de milliers de manifestants ont marché dans le centre-ville de Hong Kong, lundi 1er juillet 2019. (VIVEK PRAKASH / AFP)

Ce lundi, un vaste cortège de dizaines de milliers de manifestants s'est déployé dans le centre-ville pour marquer la date anniversaire de la rétrocession de l'ancienne colonie britannique à la Chine, en 1997. Plus tôt dans la journée, de petits groupes de contestataires, majoritairement jeunes et masqués, s'étaient emparés de trois grandes artères du cœur de Hong Kong et ont entravé la circulation avec des barrières de plastique et de métal.

De nombreux Hongkongais inquiets pour leurs libertés

Aux termes de l'accord de rétrocession, Hong Kong bénéficie de libertés inconnues dans le reste de la Chine, en théorie jusqu'en 2047, en vertu du principe "un pays, deux systèmes". Mais les Hongkongais s'inquiètent d'une érosion de leurs libertés par Pékin. Parti du rejet du texte sur les extraditions, le mouvement de protestation s'est élargi à une dénonciation généralisée de l'action d'un gouvernement auquel ils ne font plus confiance.

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A chaque anniversaire du retour de Hong Kong dans le giron chinois, les démocrates organisent une manifestation pour mettre en avant leurs exigences démocratiques, dont l'élection du chef de l'exécutif au suffrage universel. Cette année, les manifestants exigent également la démission de la cheffe du gouvernement, Carrie Lam, ainsi que la fin des poursuites contre les protestataires arrêtés ces dernières semaines.

Un manifestant tague l\'emblème actuel de Hong Kong à l\'intérieur de l\'hémicycle, lundi 1er juillet 2019. 
Un manifestant tague l'emblème actuel de Hong Kong à l'intérieur de l'hémicycle, lundi 1er juillet 2019.  (PHILIP FONG / AFP)